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Crash de San Francisco : après le pilote, l’instructeur dans l’oeil du cyclone

Le Vif

Asiana Airlines s’employait mardi à sauver sa réputation après avoir révélé que le capitaine du vol 214 Séoul-San Francisco ainsi que son instructeur sur Boeing 777 étaient tous deux nouveaux dans ces fonctions. Il a affirmé mardi lors d’une conférence de presse qu’ils étaient « très expérimentés et compétents ».

Déterminée à défendre son équipage en attendant les conclusions de l’enquête sur l’accident qui a fait deux morts et 180 blessés samedi, la compagnie sud-coréenne n’a de cesse de rappeler qu’elle suit scrupuleusement la réglementation internationale en matière de sécurité.

L’agence américaine de sécurité des transports (NTSB) a, elle aussi, mis en garde contre les conjectures sur les circonstances de l’accident alors qu’elle commence tout juste à interroger les quatre pilotes d’Asiana.

La compagnie a révélé mardi que Lee Jung-Min, chargé de former son collègue Lee Kang-Kuk dont c’était le premier atterrissage à San Francisco sur ce genre d’appareils, venait d’obtenir sa licence.

Pilote très expérimenté, il n’avait reçu son agrément qu’un mois avant l’accident, a indiqué une porte-parole d’Asiana à l’AFP. « Ce n’est pas anormal », a-t-elle aussitôt ajouté. « Tout instructeur connaît son premier jour en tant qu’instructeur » et celui-ci a des milliers d’heures de vol à son actif, dont 3.000 sur Boeing 777, selon elle.

Les autorités sud-coréennes avaient auparavant confirmé que le capitaine de l’avion n’avait navigué que 43 heures sur un Boeing 777-200 -l’un des plus gros porteurs au monde. Il « connaissait sa première expérience opérationnelle sur un 777 », a déclaré Deborah Hersman, présidente de l’agence américaine de sécurité des transports (NTSB).

Asiana a cependant insisté sur le fait qu’il était rompu aux procédures d’atterrissage à l’aéroport de San Francisco pour y avoir posé des Boeing 747 entre 1999 et 2004.

Selon Deborah Hersman, l’avion s’est approché de la piste d’atterrissage à une vitesse beaucoup trop lente. L’enregistrement des conversations a révélé que l’équipage avait tenté de remettre les gaz et demandé à la tour de contrôle l’autorisation d’éviter l’atterrissage et de reprendre de l’altitude -mais beaucoup trop tard.

Mme Hersman a toutefois estimé qu’il était « trop tôt » dans l’enquête pour établir de façon formelle l’erreur de pilotage en excluant toute autre hypothèse.

Le PDG d’Asiana Airlines, Yoon Young-Doo, est monté au créneau lundi en jugeant « intolérables » les informations de presse selon lesquelles un manque d’expérience du pilote pourrait être à l’origine de l’accident. Il a ajouté que Lee Kang-Kuk, qui avait été chargé de procéder à l’atterrissage, suivait « un type très habituel de formation prodigué par toutes les autres compagnies aériennes dans le monde ».

M. Yoon a redit mardi sa confiance dans ses pilotes, avant de s’envoler pour San Francisco où il devait rencontrer des responsables de l’aviation civile américaine. Le pilote et son instructeurs sont « très expérimentés et compétents », a-t-il martelé, en exprimant « son immense responsabilité envers les victimes du crash ».

Sans concéder d’insuffisances, Yoon Young-Doo s’est engagé, au risque de prêter le flanc aux critiques, à améliorer la formation de ses pilotes à l’atterrissage sur simulateurs.

Plusieurs experts interrogés par l’AFP ont donné raison à la compagnie tout en regrettant une dégradation générale du niveau des navigants due en particulier à l’automatisation.

Une équipe de six spécialistes est arrivée lundi à San Francisco en provenance de Séoul pour assister la NTSB.

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