Crash A320 : "l'hypothèse terroriste n'est pas privilégiée"

25/03/15 à 15:07 - Mise à jour à 15:26

Source: Belga

Le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy se sont retrouvés mercredi à Seyne-les-Alpes, dans les Alpes françaises, près des lieux du crash inexpliqué de l'Airbus A320 de Germanwings, dont une "boite noire" est en cours d'analyse.

Crash A320 : "l'hypothèse terroriste n'est pas privilégiée"

© Reuters

Les trois responsables se sont entretenus avec des médecins, des pompiers et militaires impliqués dans la recherche des corps, qui a commencé dans la matinée. Ils devaient ensuite rendre dans une chapelle ardente un hommage solennel aux 150 victimes de la catastrophe, notamment des Allemands et des Espagnols.

L'analyse de la "boîte noire" récupérée dans les décombres de l'Airbus A320 de Germanwings qui s'est écrasé mardi dans le sud des Alpes françaises pourrait livrer ses premiers éléments mercredi après-midi, alors que des familles des 150 victimes sont attendues sur le site de la catastrophe.

La "boîte noire" récupérée, le Cockpit voice recorder, qui enregistre tous les sons et conversations du cockpit, a été "très, très abimée", selon le procureur de Marseille chargé du dossier, Brice Robin. Mais les enquêteurs gardent l'espoir de trouver une explication à cette catastrophe qui endeuille l'ensemble du continent européen. "Nous espérons les premiers résultats en fin d'après-midi, mais (...) ça pourrait prendre plusieurs jours pour avoir tous les résultats", a déclaré le procureur.

Pour l'heure, "aucune hypothèse n'est écartée" hormis celle d'une explosion en vol, a répété mercredi le Premier ministre français, Manuel Valls. "L'hypothèse terroriste n'est pas privilégiée", a précisé son ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Les 150 victimes - 144 passagers et 6 membres d'équipage - du crash mardi de l'A320 de la compagnie allemande Germanwings dans les Alpes françaises sont originaires d'une quinzaine de pays, selon les autorités françaises.

Les victimes originaires d'une quinzaine de pays

Un nouveau point sur la nationalité des victimes a été effectué mercredi en début d'après-midi. Pour l'Allemagne, le patron de Germanwings Thomas Winkelmann a confirmé mercredi la mort de 72 Allemands, parmi lesquels 16 adolescents et deux enseignants d'Haltern (nord-ouest de l'Allemagne).

Deux bébés de nationalité allemande se trouvaient aussi à bord, ainsi que deux chanteurs de l'opéra de Düsseldorf, le baryton-basse Oleg Bryjak, âgé de 54 ans, et la contralto Maria Radner, 33 ans, qui venaient de se produire dans l'opéra de Richard Wagner "Siegfried" au Gran Teatre del Liceu de la capitale catalane.

Au moins 49 Espagnols figurent parmi les 150 victimes, selon le secrétaire d'Etat espagnol à la sécurité Francisco Martinez, qui a toutefois précisé que ce bilan restait "provisoire". Le patron de Germanwings a pour sa part évoqué le chiffre de 35 citoyens espagnols tués, tout en soulignant que la nationalité de certains passagers n'avait pas encore été établie.

Parmi les victimes, figuraient un couple de jeunes mariés, une dizaine d'hommes et femmes d'affaires ainsi qu'un bébé de 7 mois. Les Affaires étrangères belges ont quant à elles fait état d'au moins un ressortissant décédé et un ressortissant néerlandais se trouvait dans l'appareil. Deux citoyens argentins étaient également à bord. Un troisième ressortissant argentin, résidant au Paraguay, a aussi embarqué sur le vol 4U 9525, selon son frère.

Deux Australiens sont morts dans la catastrophe, précise le Premier ministre Tony Abbott. D'après Germanwings, un Colombien et un Danois ont été tués. Un Américain figurait parmi les passagers, selon les autorités françaises, mais le patron de Germanwings a fait état de la présence de deux personnes originaires des Etats-Unis. Le ministre des Affaires étrangères anglais, Philip Hammond, a évoqué trois ressortissants britanniques, dont une femme et son bébé, selon la presse.

Le ministre n'a pas écarté "la possibilité d'autres victimes britanniques". La compagnie allemande a encore cité deux Iraniens et un Israélien. Par ailleurs, le ministère nippon des Affaires étrangères a fait état de deux Japonais résidant à Düsseldorf parmi les passagers, tandis que Germanwings ne citait qu'un Japonais. Pour le Kazakhstan, le ministère des Affaires étrangères a confirmé le décès de trois ressortissants, précisant qu'il cherchait à vérifier la nationalité d'une éventuelle quatrième victime.

Enfin deux citoyens vénézuéliens figuraient sur la liste. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a également cité le Maroc et le Mexique, parmi les "nationalités avérées". "Chacun est en train de recenser les différentes nationalités", a déclaré le Premier ministre français Manuel Valls, précisant qu'"il appartient à la compagnie Lufthansa et aux autorités espagnoles et allemandes de fournir, l'ensemble de ces données".

Interrogé lors d'une conférence de presse à Berlin, un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a refusé de donner des chiffres de nationalité, estimant l'exercice "prématuré". "Environ la moitié des victimes sont des citoyens allemands", a-t-il confirmé. Mais pour "environ 10% des victimes, nous n'avons pas de certitude", a-t-il souligné.

Par ailleurs, une équipe de football suédoise de 3e division qui avait prévu de prendre mardi le vol Barcelone-Düsseldorf de Germanwings a révélé avoir échappé de justesse à la mort en changeant de plan au dernier moment.

Cette équipe, le Dalkurd FF de Borlänge, avait d'abord eu l'intention de rentrer sur le vol de la compagnie pour regagner la Suède après un stage en Catalogne. Mais, arrivés à l'aéroport de Barcelone, les joueurs et l'encadrement ont finalement renoncé à cause d'une correspondance trop longue à Düsseldorf.

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