Craquements sourds au pays d'Erdogan

27/10/15 à 10:33 - Mise à jour à 10:32

Source: Le Vif/l'express

A force d'attiser les divisions, le président Erdogan a durablement polarisé la société turque. Les prochaines élections pourraient renforcer ces fractures qu'il ne parvient plus à exploiter. Reportage.

Dans n'importe quel pays au monde, on s'empresserait de sécuriser les lieux publics après un double attentat-suicide, surtout s'il a fait 102 morts comme lors de la marche pour la paix à Ankara, le 10 octobre, rassemblant des militants de gauche et de la cause kurde. A Istanbul, la plus grande ville turque, on n'a rien vu, si ce ne sont les drapeaux en berne pendant trois jours. Pas de relèvement du niveau de la menace comme en Belgique, ni de militaires dans les rues. "Les autorités n'ont renforcé la sécurité publique que sur un point : pour réprimer les manifestations de colère", ironise Bayram, un Kurde d'une trentaine d'années, rencontré sur une terrasse animée à deux pas de la célèbre place Taksim, là où des milliers de manifestants avaient convergé, en 2013, pour ce qu'on avait appelé "le printemps turc".
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