Couvre-feu instauré après des violences au Nigeria

07/01/12 à 16:45 - Mise à jour à 16:45

Source: Le Vif

Les islamistes de la secte Boko Haram multiplient les violences contre les chrétiens dans le nord-est du Nigeria. La population fuit la région.

Couvre-feu instauré après des violences au Nigeria

© Reuters

Les violences interconfessionnelles déchirent le pays. Des centaines d'habitants ont fui leurs habitations, ce samedi, dans le nord-est du Nigeria après une nouvelle attaque d'islamistes, qui multiplient les violences contre les chrétiens après l'expiration d'un ultimatum pour qu'ils quittent le nord du pays. Un couvre-feu de 24 heures a été imposé dans l'Etat d'Adamawa, au nord-est.

"A la suite de la série d'attaques dans certaines parties de l'Etat, le gouvernement local impose un couvre-feu de 24 heures dans tout l'Etat" d'Adamawa, a déclaré le Secrétaire du gouvernement local, Kobis Ari, dans un communiqué.

Une trentaine de chrétiens ont été tués dans cette région depuis la nuit de jeudi à vendredi au cours de trois attaques en partie revendiquées par le groupe islamiste Boko Haram.

Cette escalade meurtrière fait craindre la généralisation de violences interconfessionnelles dans ce pays de 160 millions d'habitants, le plus peuplé d'Afrique, également répartis entre les deux religions. Le sud est à dominante chrétienne et le nord essentiellement musulman.

A Potiskum, dans le nord-est, "il y a eu des échanges de tirs entre nos hommes et les combattants de Boko Haram (mouvement islamiste) pendant une grande partie de la nuit et cela a fait des morts et des blessés", selon le chef de la police de l'Etat de Yobe Lawan Tanko. Au moins deux personnes ont été tuées dans ces violences, selon des sources hospitalières.

Les habitants des quartiers proches du commissariat de la police attaqué par les islamistes dans la nuit de vendredi à samedi ont expliqué avoir quitté leurs domiciles par crainte de raids des militaires dans la zone. Ils ont trouvé refuge chez des proches et des amis. Les rues de la ville étaient désertes samedi.

Potiskum, régulièrement la cible des attaques de Boko Haram, est une des zones placées sous état d'urgence par le président Goodluck Jonathan le 31 décembre.

"Presque tous les habitants des quartiers de Dogo Tebo et de Dogo Nini ont fui leurs habitations par crainte d'une attaque de la part des soldats qui sont arrivés en ville ce (samedi) matin de Damaturu", une ville voisine, a précisé Idris Bakanike, un habitant du quartier de Dogo Tebo.

Des dizaines de militaires se sont déployés samedi et ont pris position autour du commissariat de la police. "Nous avons peur que les soldats attaquent et incendient nos habitations comme ils le font à Maiduguri (ville du nord-est) à chaque attaque de Boko Haram, a affirmé Amiru Umar, un habitant du quartier de Dogo Nini.
Des dizaines d'islamistes armés avaient attaqué la ville de Potiskum vendredi en fin d'après-midi, notamment le commissariat de la ville. Trois banques ont été dévalisées et incendiées par les islamistes, selon des habitants.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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