Côte d'Ivoire: cri d'alarme de l'Unicef face à la crise humanitaire

05/04/11 à 19:16 - Mise à jour à 19:16

Source: Le Vif

L'Unicef a lancé mardi un cri d'alarme sur la situation en Côte d'Ivoire, un pays en crise depuis plusieurs mois et dont la capitale économique, Abidjan, est le théâtre de combats à l'arme lourde qui ont fait des "dizaines de morts", selon le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, avec des conséquences fâcheuses pour les femmes et les enfants.

Côte d'Ivoire: cri d'alarme de l'Unicef face à la crise humanitaire

"La crise politique (née de la contestation des résultats du second tour de la présidentielle, le 28 novembre dernier, entre le président sortant Laurent Gbagbo et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara) s'est muée en crise humanitaire", a affirmé le responsable de la communication de l'Unicef en Côte d'Ivoire, Louis Vigneault-Dubois, au cours d'un point de presse à Bruxelles.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) occupe quelque 120 personnes en Côte d'Ivoire, dont une vingtaine d'expatriés. Elles sont réparties entre les trois bureaux, à Abidjan, Bouaké (Nord) et Man (ouest).

En raison des violences croissantes et de l'intensification des combats à Abidjan, ses activités sont toutefois fortement perturbées. "Nous avons cessé les activités humanitaires à Abidjan", qui représente à elle seule un tiers de la population ivoirienne, a-t-il ajouté, précisant qu'elles se poursuivaient toutefois dans les autres régions du pays, parfois avec difficultés.

A Abidjan, "les gens sont terrés chez eux, souvent sans nourriture, sans électricité, sans eau potable" et le nombre de blessés est en augmentation du fait des combats, a souligné M. Vigneault-Dubois.

La violence s'est également étendue à d'autres régions du pays, comme l'ouest où des massacres à grande échelle ont eu lieu, les bilans allant de 330 tués à un millier de "morts ou disparus" pour la seule région de Duékoué.

Un million de personnes ont été déplacées par les combats, à la fois à l'intérieur du pays et dans l'est du Liberia, frontalier de la Côte d'Ivoire, où quelque 130.000 Ivoiriens ont trouvé refuge depuis décembre.

Selon l'Unicef, 65% des déplacés sont des femmes et des enfants, deux catégories "déjà vulnérables".

Et les affrontements ont provoqué un "effritement du tissu social, avec notamment comme conséquence une augmentation des viols recensés - "une centaine de cas rapportés et sans doute dix fois plus", selon M. Vigneault-Dubois.

En terme d'éducation, la guerre civile ivoirienne aura aussi des répercussions, car plus de 800.000 enfants ne sont plus allés à l'école depuis plusieurs mois.

Dans le domaine de la santé aussi, plus de 70% des travailleurs ne sont plus en poste car non payés ou ayant fui les violences.

Le retour à la normale n'est guère envisageable à court et à moyen termes, a déploré le responsable de l'Unicef.

Avec Belga

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