Costa Concordia : le paquebot commence à se redresser (vidéo)

16/09/13 à 07:59 - Mise à jour à 07:59

Source: Le Vif

Le redressement du paquebot Costa Concordia, échoué depuis janvier 2012, doit débuter ce lundi malgré un retard de deux heures à cause d'orages. Un chantier gigantesque qui devrait durer plus de 10 heures.

Costa Concordia : le paquebot commence à se redresser (vidéo)

© IMAGEGLOBE

Peu après midi, "le bateau s'est détaché des rochers" dans lesquels il était encastré depuis son naufrage le 13 janvier 2012, a déclaré à la presse Serge Girotto, responsable du projet pour la société italienne Micoperi. Cela signifie que "les heures les plus délicates sont désormais passées", a-t-il ajouté.

A suivre et direct et en vidéo, le redressement du paquebot sur le site de Reuters .

En milieu de matinée, plus d'un mètre de coque rouillée, émergeant de l'eau salée, était visible sur les écrans de la salle de presse, selon une journaliste de l'AFP. "Tous les calculs faits par nos ingénieurs ont été confirmés par la réalité", s'est réjoui devant la presse le chef de la protection civile italienne, Franco Gabrielli. "Tout se passe comme prévu mais la partie n'est absolument pas terminée et des imprévus peuvent se produire", a-t-il nuancé.

L'ingénieur Girotto a souligné par exemple que la partie de la coque désormais émergée, présente de "nombreux dommages", selon les images des caméras sous-marines. Même si "nous nous attendions aux déformations subies", a-t-il dit.

Peu après 12h00, la rotation du navire était de seulement "trois degrés", selon lui mais elle devrait s'accélérer par la suite. M. Girotto a confirmé une durée totale de douze heures pour les opérations entamées à 7H00 GMT.

Vers 10h40, une partie de la coque, complètement rouillée après des mois d'immersion, est apparue sur les écrans mis en place par les opérateurs pour surveiller à distance le redressement. Vers 11h30, on pouvait voir émerger environ un mètre de coque.

La gigantesque opération de redressement de l'épave du Costa Concordia a pris du retard lundi matin sur la petite île toscane du Giglio en Italie, où une équipe de 500 personnes est à pied d'oeuvre pour cette première mondiale.

Le redressement puis le renflouage - qui interviendra plus tard - est une oeuvre titanesque qui a déjà coûté plus de 600 millions d'euros, financés par l'armateur Costa et sa maison-mère américaine Carnival.

Un redressement d'une ampleur inédite

Cette opération, inédite par son ampleur et qui devait démarrer lundi vers 06H00 (04H00 GMT), a été retardée d'environ deux heures, ont annoncé ses responsables sur la petit île toscane du Giglio. "En raison des forts orages qui se sont abattus cette nuit, l'opération est retardée d'environ deux heures", a expliqué le chef de la protection civile et responsable du projet, Franco Gabrielli, lors d'une brève conférence de presse donnée alors que le jour commençait à se lever sur le port. La petite île a en effet été frappée par de violents orages et de fortes pluies pendant plus de trois heures dans la nuit de dimanche à lundi.

"Il n'y a pas de modification de l'opération. Les orages nous ont empêché de mettre en place dans la nuit la structure flottante, la barge, sur laquelle devait être installée la salle de contrôle. Ayant perdu du temps dans la nuit, il nous faut le rattraper à présent", a expliqué Franco Gabrielli, ajoutant que ce type d'orage était "imprévisible".

Une opération à plus de 600 millions d'euros

Vingt mois après le naufrage du paquebot de croisière, qui avait fait 30 morts et deux disparus le 13 janvier 2012, les autorités italiennes avaient donné leur feu vert dimanche, expliquant que le vent et "la hauteur des vagues" restaient "compatibles" avec "les valeurs maximales prévues pour la faisabilité de la rotation". "Nous allons prouver que tout ce que nous avons imaginé, pensé, calculé, se passera comme prévu", avait promis dimanche Franco Gabrielli, sous une grande tente blanche aménagée sur le port à l'intention des quelque 400 journalistes venus suivre l'événement.

Même optimisme du côté du groupe Costa, propriétaire du navire, et sa maison mère américaine Carnival, à qui revient le paiement de cette opération gigantesque (plus de 600 millions d'euros à ce jour). "Toutes les vérifications en amont ont été faites et tout a été fait pour que l'opération réussisse", a dit Franco Porcellachia, chef de projet de Costa, tout en admettant qu'il est "difficile d'envisager toutes les hypothèses, étant donné qu'il n'y a jamais eu de précédent". Car c'est la première fois qu'un tel exploit va tenter d'être réalisé sur un bateau aussi grand - long de près de 290 mètres, haut comme un immeuble de dix étages - et positionné de cette façon - le flanc droit couché sur des rochers.

Deux corps toujours portés disparus

L'ex-palace flottant sera vidé de toute présence jusqu'à ce qu'il soit sécurisé, avant d'éventuelles visites des enquêteurs dépêchés par le parquet de Grosseto, toujours à la recherche des corps de deux disparus, une passagère italienne et un serveur indien. En outre, tout trafic maritime sera interrompu aux abords de l'île. Le dernier ferry en direction du continent est parti vers 06H00 (04H00 GMT) et ne reviendra qu'à la fin de l'opération, prévue pour durer entre dix et douze heures.

"Croisons les doigts!"

La rotation sera gérée à distance dans une "salle de contrôle" par 12 personnes, chacune devant son ordinateur avec un rôle distinct à jouer. Chacune sera ainsi reliée, comme avec "un cordon ombilical", au navire, selon Franco Porcellachia. Même les "battements du coeur" de Nick Sloane, le spécialiste mondial en renflouements embauché par le consortium américano-italien Titan-Micoperi pour superviser les travaux, le "mythe vivant", vont être contrôlés, plaisantait Franco Gabrielli. Ce à quoi le Sud-Africain à la tête d'une équipe de 500 personnes de près de 30 nationalités travaillant 24h sur 24h a répondu calmement, se disant "prêt", "tous les risques ayant été identifiés".

Le chef de l'opération a aussi remercié la population de l'île qui a été "compréhensive" ces derniers 18 mois. Car les habitants attendent avec impatience ce fameux jour -maintes fois reporté- où le paquebot qui gâche la vue depuis le petit port, telle une verrue métallique géante, reprendra une position plus "normale" avant d'être renfloué puis remorqué au loin. Le premier d'entre eux, le maire Sergio Ortelli, affirmait ainsi à la presse que "l'attente était grande, puisque lundi (allait) se concrétiser une année de travail intense". "Nous sommes convaincus que les choses se passeront bien", a ajouté l'édile avant de conclure: "croisons les doigts!"

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