Corée du Nord: Washington veut de nouvelles sanctions de l'ONU dans une semaine

04/09/17 à 19:59 - Mise à jour à 19:59

Source: Afp

Les Etats-Unis ont annoncé lundi négocier à l'ONU une nouvelle résolution de sanctions contre la Corée du Nord qu'ils veulent voir approuver le 11 septembre, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité au cours de laquelle Pékin et Moscou ont prôné le "dialogue".

Corée du Nord: Washington veut de nouvelles sanctions de l'ONU dans une semaine

L'ambassadrice américaine Nikki Haley © AFP/Kena Betancur

La France et la Grande-Bretagne, autres membres permanents du Conseil, ainsi que le Japon, membre non-permanent, ont aussi affirmé être favorables à de nouvelles sanctions, au lendemain d'un sixième essai nucléaire nord-coréen.

"Nous verrons ce qu'il y a dans le projet de résolution", a déclaré après la réunion l'ambassadeur russe auprès de l'ONU, Vassily Nebenzia. Mais "des sanctions seules n'aideront pas à trouver une solution et je ne suis pas sûr qu'elles influenceront l'autre partie", a-t-il ajouté.

La position de la Chine sur un huitième train de sanctions n'est pas connue. Pékin, premier soutien de Pyongyang, est un acteur-clé dans la problématique nord-coréenne. Le 5 août, la Chine s'était jointe aux 14 autres membres du Conseil de sécurité pour adopter des sanctions sévères contre la Corée du Nord, visant à priver ce pays d'un milliard de dollars par an de recettes tirées de ses exportations dans les domaines du fer, du charbon et de la pêche.

La Chine est destinataire de 90% des exportations nord-coréennes. Accusé dans le passé de n'avoir pas appliqué à la lettre les résolutions de l'ONU, Pékin avait promis en août un respect rigoureux.

La crise avec la Corée du Nord "doit être résolue de manière pacifique", a déclaré devant le Conseil de sécurité l'ambassadeur chinois à l'ONU, Liu Jieyi. "Grâce au dialogue, nous pouvons aboutir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne", a-t-il ajouté.

Stock de sanctions

Les Etats-Unis n'ont pas précisé les domaines qui pourraient être visés par de nouvelles sanctions. "Trop c'est trop" et il faut que l'ONU prenne "les mesures les plus fortes possibles" car "l'heure est venue de cesser les demi-mesures", a déclaré l'ambassadrice américaine Nikki Haley.

Selon des diplomates, les Etats-Unis ont un stock de sanctions à proposer à l'ONU et, précise l'un d'eux, il faut attendre que "Pékin en prenne un bout". Parmi les nouvelles mesures pourraient figurer un renvoi en Corée du Nord des expatriés nord-coréens, source de revenus importante pour Pyongyang, ou des sanctions touchant le textile ou pour la première fois le secteur du pétrole.

Le dernier train de sanctions internationales début août avait été adopté après un mois de négociations difficiles entre Washington et Pékin. La résolution avait été été adoptée à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité, avec l'appui de Pékin et Moscou.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont insisté lundi sur "l'urgence" d'une nouvelle réponse de la communauté internationale après l'essai nucléaire dimanche de la Corée du Nord à un niveau inégalé. La Corée du Nord pourrait avoir désormais la capacité de mettre une bombe nucléaire sur un missile pouvant toucher les Etats-Unis, mais les Occidentaux n'en ont pas de certitude absolue à ce stade.

La nouvelle focalisation de l'ONU cette semaine sur la Corée du Nord intervient alors que le régime de Kim Jung-Un semble se préparer à un nouveau tir de missile balistique.

Sang-froid

La bombe à hydrogène que Pyongyang a fait exploser dimanche avait une puissance estimée à 50 kilotonnes, soit cinq fois plus que le précédent test nord-coréen, et plus de trois fois plus que la bombe américaine lâchée sur Hiroshima en 1945, selon des responsables sud-coréens.

Pour éviter la course à la surenchère entre Américains et Nord-Coréens, la Chine et la Russie ont récemment proposé une approche "gel contre gel". Pékin et Moscou ont proposé une suspension des manoeuvres américano-sud-coréennes contre un gel des programmes d'armement nord-coréens. Mais Nikki Haley a sèchement rejeté lundi cette offre. "Nous ne le ferons pas" car "on ne peut baisser la garde" alors que le régime nord-coréen "ne demande qu'une chose, la guerre", a-t-elle dit.

Son homologue russe a insisté pour que les pays membres du Conseil de sécurité "préservent leur sang-froid" et ne se "laissent pas déborder par des émotions". Avec ces propos, il a semblé viser implicitement le président américain Donald Trump qui avait promis il y a quelques semaines "le feu et la fureur" à son homologue nord-coréen s'il continuait à provoquer la communauté internationale.

Face au nouveau défi à la communauté internationale lancé par Pyongyang, Séoul et Washington ont annoncé le renforcement en Corée du Sud du système de lance-missiles Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense), le bouclier américain qui provoque la fureur de Pékin.

Le président américain Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In sont par ailleurs tombés d'accord pour supprimer le seuil limitant la charge portée par les missiles de la Corée du Sud à 500 kg.

Les Etats-Unis avaient menacé dimanche le Nord d'une "réponse militaire massive" au cas où il menacerait leur territoire ou celui de leurs alliés. Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a cependant souligné que Washington ne recherchait pas "l'anéantissement total" du pays reclus.

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