Corée du Nord: Tillerson plaide pour des lignes de communication "ouvertes" pour régler la crise

15/12/17 à 18:27 - Mise à jour à 18:27

Source: Afp

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a souligné vendredi devant le Conseil de sécurité de l'ONU sa volonté de garder les lignes de communication "ouvertes" pour régler pacifiquement la crise avec la Corée du Nord.

Corée du Nord: Tillerson plaide pour des lignes de communication "ouvertes"  pour régler la crise

Rex Tillerson © AFP

"Une cessation durable du comportement menaçant de la Corée du Nord doit intervenir avant que des discussions puissent commencer", a-t-il dit. Rex Tillerson n'a pas repris son offre de dialogue sans pré-conditions, faite en début de semaine et qui a fait ensuite l'objet d'un recadrage de l'administration américaine, selon des médias américains.

Après son offre mardi de dialogue "sans condition préalable", l'administration américaine avait assuré qu'il n'y avait pas de changement de politique américaine à l'égard de Pyongyang.

Le président russe Vladimir Poutine avait accueilli favorablement les déclarations du secrétaire d'Etat, se félicitant d'un changement de ton, "d'une prise de conscience" et "d'un très bon signal". A l'initiative du président américain, le chef d'Etat russe et Donald Trump ont discuté jeudi de la Corée du Nord.

Fait rare, l'ambassadeur nord-coréen à l'ONU, Ja Song Nam, a assisté à la réunion du Conseil de sécurité, organisée par son président en exercice, le Japon. Il a écouté une partie du discours de M. Tillerson avec les yeux fermés, selon des images de la télévision interne de l'ONU.

"Nous ne cherchons pas, comme nous ne voulons pas, de guerre avec la Corée du Nord", a ajouté Rex Tillerson, qui s'exprimait en l'absence de l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. Les relations entre ces deux responsables ne sont notoirement pas très bonnes.

"Les Etats-Unis auront recours à toutes les mesures nécessaires pour se défendre contre une agression nord-coréenne", a aussi averti le secrétaire d'Etat, en faisant part de ses espoirs dans la diplomatie pour que cela ne se produise pas.

- 'Unité' -

Interrogé vendredi à Washington pour savoir s'il soutenait l'ouverture d'un dialogue avec Pyongyang sans condition préalable, M. Trump avait répondu de manière elliptique: "On va voir ce qui se passe avec la Corée du Nord".

A propos de sa conversation avec M. Poutine, le président américain a souligné que si "la Chine aide, la Russie n'aide pas" les Etats-Unis dans le dossier nord-coréen. Il a ajouté que les Américains "aimeraient que la Russie aide - c'est très important".

Au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé devant le Conseil être "très préoccupé par le risque de confrontation militaire" dans la péninsule coréenne. De multiples essais de missiles ont été effectués cette année "sans notification de sécurité maritime et aérienne préalable", a-t-il dénoncé.

"Il est temps de rétablir des canaux de communication renforcés, y compris entre Coréens et entre militaires", a souligné le patron de l'ONU, alors que l'un de ses adjoints, en charge des Affaires politiques, vient de faire une rare visite de cinq jours à Pyongyang. M. Guterres a rappelé sa disponibilité à servir de médiateur dans cette crise.

Des négociations avec la Corée du Nord, menées par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ("pourparlers à Six"), sont interrompues depuis 2008.

Parmi les interventions, la Suède a souligné "l'importance de rester unis" pour les quinze membres du Conseil de sécurité.

En 2017, le Conseil de sécurité a imposé deux trains de sanctions économiques sévères --en août après des tirs de missiles intercontinentaux et en septembre après un essai nucléaire-- à l'encontre de la Corée du Nord.

Ce pays est désormais privé de revenus de ses exportations de charbon, fer, pêche, textile, ses importations de pétrole ont été limitées et les entreprises conjointes avec des Nord-Coréens interdites.

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