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Corée du Nord : Kim Jong-un critiqué par son frère

Kim Jong-nam, l’héritier déchu de la Corée du Nord, s’en prend au caractère dynastique du pouvoir dans son pays. Dans un e-mail adressé à la presse japonaise, il émet des doutes sur la capacité de son frère Kim Jong-un à gouverner.

Le frère aîné de Kim Jong-un s’en prend de nouveau à Pyongyang. Kim Jong-nam pense que le nouveau dirigeant nord-coréen va probablement être utilisé par les élites de l’armée et du parti, afin de conserver leur mainmise sur le régime, a rapporté jeudi, un quotidien japonais.

Kim Jong-nam juge son petit frère

Le Tokyo Shimbun cite un e-mail adressé le 3 janvier, par Kim Jong-nam, qui vit à l’étranger, dans lequel ce dernier critique la succession héréditaire et émet des doutes sur la capacité de son jeune frère à assumer ses nouvelles fonctions. « N’importe qui raisonnant normalement trouverait difficile de tolérer une succession héréditaire sur trois générations », écrit-il dans ce message, que le journal affirme être authentique, sans toutefois en fournir la preuve.

Kim Jong-un, qui aurait 28 ou 29 ans, a été propulsé à la tête de la Corée du Nord après la mort de son père, Kim Jong-il, le 17 décembre dernier. Ce dernier avait lui-même succédé à son père, Kim Il-sung, à sa mort en 1994.

« Je me demande comment un jeune héritier avec seulement deux années (de préparation à la succession) peut être capable d’assumer (…) le pouvoir absolu », ajoute-t-il. « Il est probable que les élites actuellement au pouvoir vont succéder à mon père en exhibant son jeune successeur comme symbole », estime Kim Jong-nam, âgé de 40 ans.

Un frère déshérité

Considéré un temps comme un héritier probable, Kim Jong-nam, né d’un premier mariage de Kim Jong-il, est tombé en disgrâce auprès de son père au début des années 2000. Il vit désormais à l’étranger, entre Macao, où il réside dans une luxueuse villa avec sa femme et ses deux enfants, et Pékin, où il possède également une maison.

Il y a un an, il avait accordé un entretien au Tokyo Shimbun, dans lequel il affirmait que son père était opposé à la transmission héréditaire du pouvoir, mais qu’il avait désigné son fils cadet comme successeur afin d’assurer la stabilité du régime. « Il n’y a pas eu de succession par hérédité même pour le président chinois Mao Zedong », avait rappelé l’homme d’affaires nord-coréen, ajoutant: « Cela ne correspond pas au socialisme et mon père était contre ».

Début janvier, le journal japonais Yomiuri Shimbun a rapporté que Kim Jong-nam s’était rendu secrètement à Pyongyang après le décès de son père. Il aurait rendu un dernier hommage à la dépouille du dirigeant nord-coréen, en compagnie de son demi-frère Jong-un, selon le quotidien.

Le Vif.be, avec L’Express.fr

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