Congé illimité pour le caricaturiste danois de Mahomet

22/04/10 à 17:12 - Mise à jour à 17:12

Source: Le Vif

Une fin de carrière prématurée se dessine pour le caricaturiste danois Kurt Westergaard. Depuis sa récente agression en janvier 2010, le dessinateur a été placé sous protection policière. Devenu un "fardeau" pour la rédaction de son journal, il vient d'écoper d'un arrêt de travail à durée indéterminée.

Congé illimité pour le caricaturiste danois de Mahomet

© Belga

Le caricaturiste danois Kurt Westergaard, vient d'être envoyé en vacances pour une durée illimitée, par son journal Jyllands-Posten. Motif de la décision ? Des raisons de sécurité. "Ce sont des vacances forcées qui ressemblent fort à une mise à la retraite", a souligné le dessinateur, âgé de 75 ans. Il avoue pourtant avoir "une envie insatiable" de travailler.

Le Danois, menacé de mort à plusieurs reprises, est à l'origine de la caricature la plus décriée de Mahomet. Il avait représenté le prophète la tête couverte d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée.
Publiés en 2005 dans le journal Jyllands-Posten, ses 12 dessins avaient suscité dans le monde musulman, une tempête de protestations contre le Danemark. Résultat ? Kurt Westergaard est devenu la cible de violentes réactions. Le 12 février 2008 par exemple, la police danoise avait déjoué une tentative d'attentat contre le caricaturiste. Puis le 1er janvier dernier, un Somalien de 28 ans a tenté de l'assassiner à coup de hache dans sa maison près d'Aarhus. Ne devant son salut qu'à sa salle de bains équipée d'une porte blindée, il avait réussi à s'y réfugier et à se protéger de son agresseur.

Un quotidien sous surveillance Depuis cette féroce agression, il circule librement mais reste sous protection policière rapprochée. Bien que son journal permette aux seniors qui ont dépassé 67 ans de collaborer occasionnellement, la direction du Jyllands-Posten a préféré qu'il cesse ses activités "pour des questions de sécurité". A contrecoeur, Kurt Westergaard s'attend désormais à prendre sa retraite prochainement. "Je le regrette. Je suis devenu un fardeau trop lourd à porter et un risque trop important", a-t-il souligné.

Sarah Bourhis, avec Belga

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