Comment le Brexit a révélé une profonde fracture sociale au Royaume-Uni

29/06/16 à 11:01 - Mise à jour à 12:14

Source: Le Vif

Les Britanniques ont voté à 52 % pour quitter l'Union européenne. Mais ce pourcentage cache une réalité beaucoup plus nuancée. Le référendum a en effet révélé un pays plus que divisé. Le point à l'aide de quelques graphiques.

Comment le Brexit a révélé une profonde fracture sociale au Royaume-Uni

© Reuters

On trouve la majorité des eurosceptiques en Angleterre et au pays de Galles. Les habitants de l'Écosse, de l'Irlande du Nord et de la ville de Londres ont voté, eux, majoritairement pour le maintien de leur pays dans l'Union européenne (UE). Ce score important a poussé la Première ministre écossaise à adresser un avertissement à Londres: l'Ecosse veut faire partie de l'Europe, et, en conséquence, considère la possibilité d'organiser un nouveau référendum d'indépendance.

Les régions en faveur du Brexit se retrouvent dans l'est et le nord de l'Angleterre. Il s'agit souvent de villes industrielles sur le déclin. C'est le cas de Redcar, ville du nord-est de l'Angleterre où le Brexit a raflé plus de 65% des voix. Ses habitants assument leur décision de quitter l'Union européenne, qu'ils accusent de leur avoir "tout pris". "Nous pensions tous que le marché commun était une brillante idée. Mais ils nous ont pris notre pêche et notre acier, la colonne vertébrale de la Grande-Bretagne. Ils ont dépouillé le nord-est. Désormais, nous n'avons plus rien. Nous voulons récupérer notre pays", tempête une habitante de la cité déshéritée, déçue entre autres, par les promesses de David Cameron sur la question de l'immigration.

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C'est aussi le cas à Boston (75,6% d'eurosceptiques) où le taux d'homicides est le plus élevé au pays et où les taux d'intégration des immigrants sont les plus bas, selon un rapport de Policy Exchange. Les stations balnéaires à la population majoritairement blanche et plus âgée que la moyenne ont aussi massivement rejoint les rangs des pro-Brexit.

"La nostalgie d'une Angleterre puissante"

À l'autre extrême, Gibraltar a voté massivement pour rester au sein de l'UE, soit à 96 %. Les quatre autres districts ayant exprimé le plus fortement leur envie d'adhésion à l'UE sont tous situés dans la région de Londres. Au coeur même de la capitale anglaise, le pourcentage du "Remain" est de près de 60%, un score représentatif de l'élite du pays. La City de Londres, bien consciente des enjeux économiques liées à une sortie de l'Europe a voté à 75,3% pour y rester.

Selon les chiffres du YouGov, les jeunes Britanniques ont voté majoritairement pour rester dans l'UE. Dans la tranche des 18-24 ans, ils sont 75% à avoir voté pour le "Remain". La majorité des moins de 44 ans ont voté pour l'Union européenne, alors que les personnes plus âgées étaient résolument contre (60% pour les 65 ans et +). Cette tendance s'explique par le fait que les "jeunes n'ont jamais connu autre chose que l'Union européenne. [Alors que] les vieux ont la nostalgie d'une Grande-Bretagne, mais surtout d'une Angleterre, puissante", analyse le professeur en sciences politiques Alex MacLeod sur le site de Ici Radio Canada.

Selon le niveau d'études, ce sont majoritairement des personnes diplômées et résidant en ville qui ont voté pour rester dans l'UE. Chez les étudiants à temps plein, ce pourcentage monte même à plus de 80% et à 57% pour les détenteurs d'un diplôme universitaire. En bas de l'échelle, les Britanniques sans diplôme et vivant à la campagne ont voté massivement pour le "Leave". Le site de Ici Radio Canada a compulsé les résultats en un graphique:

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