Climat: la COP23 s'ouvre à Bonn sur de pressants appels à agir

06/11/17 à 17:44 - Mise à jour à 17:44

Source: Afp

La Conférence annuelle de l'ONU sur le climat, la première depuis l'annonce du retrait américain, s'est ouverte lundi à Bonn sur des appels vibrants, notamment de son président fidjien, à agir urgemment contre le réchauffement planétaire.

Climat: la COP23 s'ouvre à Bonn sur de pressants appels à agir

© AFP

"Notre demande collective au monde est qu'il maintienne le cap fixé à Paris" avec l'accord climat adopté fin 2015, a dit Frank Bainimarama, Premier ministre fidjien et président de cette COP23, lors de la cérémonie d'ouverture. "Nous sommes tous dans le même canoë", a-t-il souligné. Pour la première fois une COP est présidée par un petit Etat insulaire, de ceux parmi les plus menacés et aussi les plus impliqués dans ce combat.

Sous la pression de bilans climatiques alarmants, la communauté internationale est réunie jusqu'au 17 novembre pour tenter d'avancer sur une urgente, mais délicate, mise en oeuvre de l'accord. Les Etats-Unis sont là aussi, en dépit du retrait du pacte annoncé par le président Donald Trump, qui ne sera effectif qu'en 2020.

Vendredi, un rapport scientifique américain approuvé par la Maison Blanche elle-même est venu le souligner: la période actuelle est la plus chaude de la civilisation moderne, et la situation va empirer sans une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). 2017 devrait être l'année la plus chaude recensée en l'absence d'El Nino, phénomène météorologique cyclique qui renforce les températures, a indiqué l'Organisation météorologique mondiale lundi à Bonn. "Les trois dernières années sont les plus chaudes qui aient jamais été enregistrées, et s'inscrivent dans la tendance au réchauffement à long terme de la planète", souligne le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas.

Quelques jours avant la COP, un bilan de l'ONU a mis en garde contre l'écart "catastrophique" entre actions et besoins, au terme d'une année marquée par des désastres de grande ampleur, comme le dérèglement climatique en promet selon les experts (Irma, le plus fort ouragan jamais mesuré dans l'Atlantique, Harvey, qui généra les pluies les plus diluviennes relevées après un ouragan...). "Cela pourrait bien n'être que le début", a prévenu la responsable climat de l'ONU, Patricia Espinosa. "C'est la 23e COP et jamais nous ne nous sommes réunis avec un tel sens de l'urgence", a-t-elle dit. "Le message ne pourrait être plus clair: nous ne pouvons plus nous offrir le luxe d'attendre. Nous devons agir dès maintenant, et remplir certains objectifs ici même, à Bonn".

"Constructifs"

Pour rester sous 2°C de réchauffement par rapport au niveau pré-industriel, le pic d'émissions de GES doit survenir au plus tard en 2020, préviennent les scientifiques. Or, les engagements nationaux étant à ce stade insuffisants, l'enjeu est d'amener les Etats à les réviser à la hausse. Et la première étape sera de lancer à Bonn un "dialogue" d'une année, autour des actions menées et à mener.

L'autre mission concrète de cette COP23 sera d'avancer sur les règles d'application de l'accord de Paris, phase technique et éminemment politique: comment les pays rendent compte de leur action, quel suivi pour l'aide financière promise par les pays riches, etc.

Le tout sur fond d'inconnue américaine. Washington a réaffirmé son intention de participer aux débats sur les règles d'application, dans l'idée de "protéger (ses) intérêts" nationaux. La négociatrice fidjienne, Nazhat Shameem Khan, se veut rassurante: "Nous avons continué à travailler avec les Etats-Unis cette année, et ce que nous voyons est leur volonté de s'impliquer de manière constructive. Nous avons de très bonnes attentes quant à leur participation" à la COP, a-t-elle dit à la presse.

Aujourd'hui "le leadership sur l'action climatique est éclaté", note Paula Caballero, du think tank World Resources Institute: "nous voyons de nombreux pays agir, et aussi des villes, des entreprises". La Chine notamment a exprimé, par la voix du président Xi Jinping devant le congrès du PC, son intention de prendre une part active à"la coopération internationale pour répondre au changement climatique". A Bonn, environ 20.000 participants sont attendus durant cette quinzaine: délégués mais aussi quelques chefs d'Etats (l'Allemande Angela Merkel et le Français Emmanuel Macron le 15), ainsi que des représentants de collectivités et d'entreprises.

En savoir plus sur:

Nos partenaires