Chypre sous le choc après l'accord avec l'UE sur le plan de sauvetage

16/03/13 à 13:08 - Mise à jour à 13:08

Source: Le Vif

Chypriotes et résidents étrangers de l'île méditerranéenne étaient en état de choc samedi après l'annonce à Bruxelles d'un accord sur un plan de sauvetage d'un maximum de 10 milliards d'euros, qui comprend une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires.

Chypre sous le choc après l'accord avec l'UE sur le plan de sauvetage

Le Parlement devait voter en principe dimanche sur cette taxe sans précédent avant que les banques ne rouvrent leurs portes mardi matin, lundi étant férié.

Le président chypriote Nicos Anastasiades devait regagner l'île en provenance de Bruxelles, vers 18H00 et s'entretiendra dimanche avec le gouvernement lors d'une réunion d'urgence, a rapporté l'agence étatique CNA.

Ces prélèvements, censés rapporter 5,8 milliards d'euros, seront appliqués à toutes les personnes résidant sur l'île méditerranéenne, des employés chypriotes aux oligarchies russe.

Des tweets de gens en colère se multipliaient samedi sur la Toile même si l'accord n'était pas à la Une de la presse, en raison de sa conclusion tard dans la nuit à Bruxelles.

Juste après l'annonce de l'accord, des dizaines de Chypriotes et d'étrangers, très nombreux sur l'île, étaient visibles devant les banques pour retirer de l'argent des distributeurs automatiques.

"C'est une catastrophe", dit un homme de 45 ans venu retirer de l'argent mais qui n'a pas voulu donner son nom.

Néanmoins ces retraits ne vont pas empêcher la ponction sur leur compte comme l'explique Marios Skandalis, vide-président de l'Institut des comptables publics de Chypre. Les montants correspondant à la taxe "sont déjà bloqués et ne peuvent plus être transférés", selon lui.

Pour réduire leur participation, les bailleurs de fonds ont demandé à Nicosie d'instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, ainsi qu'une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts.

Après une dizaine d'heures de négociations avec l'Union européenne, le gouvernement chypriote, tout nouvellement formé après l'élection en février de M. Anastasiades (droite), a finalement cédé à ce qu'il avait pourtant considéré jusque-là comme une ligne rouge.

Le ministre chypriote des Finances, Michalis Sarris, avait même affirmé début mars qu'une telle mesure serait "catastrophique" pour Chypre.

L'accord comprend également une hausse de l'impôt sur les sociétés qui passera de 10 à 12,5%, une autre ligne rouge que le gouvernement chypriote a franchie.

Chypre: à défaut d'aide de l'UE, les banques risquent 'l'effondrement''

Le président chypriote Nicos Anastasiades a annoncé qu'il s'adresserait à la nation dimanche au sujet du "douloureux" plan de sauvetage de 10 milliards d'euros conclu samedi à l'aube avec l'Union européenne. M. Anastasiades, leader de droite élu le mois dernier, a souligné dans un communiqué le risque "d'effondrement" du système bancaire à défaut d'accord sur un prêt pour l'île au bord de la faillite. Le Parlement chypriote doit s'exprimer dimanche sur ce plan de sauvetage assorti de contreparties sans précédent.

Le président chypriote, de retour de Bruxelles samedi soir, doit rencontrer des dirigeants de partis politiques de l'île dans la soirée et se rendre dimanche matin au Parlement où une Assemblée plénière est prévue.

"Nous avions le choix entre le scénario catastrophe d'une défaillance non contrôlée, et une gestion douloureuse mais contrôlée de la crise qui mette un terme définitif à l'incertitude", a indiqué M. Anastasiades dans un communiqué.

A défaut d'un accord avec les bailleurs de fonds, Union européenne, Banque centrale européenne et FMI, "tout le système bancaire se serait effondré, avec les conséquences que cela entraîne", a-t-il estimé, évoquant des milliers de faillites et "l'éventualité d'une sortie de l'euro".

Selon M. Anastasiades, l'accord vise à éviter un second plan de sauvetage, tout en maintenant la dette à un niveau supportable et en encourageant une diminution du déficit.

"La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c'était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous", a-t-il martelé.

Afin de réduire le montant emprunté pour éviter la faillite, les bailleurs de fonds internationaux ont demandé à Chypre d'instaurer une taxe exceptionnelle et inédite de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, provoquant la colère des déposants.

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