Churchill: le "Vieux Lion" est mort il y a 50 ans

30/01/15 à 15:54 - Mise à jour à 15:54

Source: Belga

Couronnes de fleurs et salve de canons: le Royaume-Uni a célébré vendredi en grande pompe le cinquantième anniversaire de la mort de Winston Churchill, le "Vieux Lion" qui défia Hitler et dont le courage, l'audace et la pugnacité sont encore cités en exemple.

Churchill: le "Vieux Lion" est mort il y a 50 ans

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Churchill s'est éteint le 24 janvier 1965 à Londres à l'âge 90 ans et "ce jour-là, c'est l'Empire britannique qui est mort avec lui", écrivait récemment le Daily Telegraph, signe de l'empreinte de géant laissé par l'ancien Premier ministre et chef de guerre. Ses funérailles nationales ont eu lieu le 30 janvier 1965 en présence de la reine Elizabeth II. Retransmises en direct à la télévision, elles ont été suivies par 350 millions de personnes à travers le monde. Pour le cinquantième anniversaire de sa mort, des célébrations sont organisées tout au long de l'année au Royaume-Uni. Leur point culminant a été une procession funéraire organisée vendredi sur la Tamise avec une réplique du Havengore, la barge de 26 mètres utilisée pour convoyer la dépouille de Churchill en 1965. L'embarcation a quitté vendredi vers 12H30 GMT un quai du centre de Londres, avec à son bord des membres de la famille Churchill et plusieurs musiciens en kilt qui ont joué de la cornemuse, sous les yeux de milliers de Londoniens massés le long des quais. Les passerelles du Tower Bridge se sont levées au passage du Havengore, salué au son des canons du HMS Belfast, navire de guerre transformé en musée. Une cérémonie s'est également déroulée au palais de Westminster, la résidence du Parlement. "Churchill, c'était la volonté de voir la liberté et la démocratie triompher de la barbarie et de la dictature", y a déclaré le Premier ministre David Cameron après avoir déposé une couronne de fleurs devant une statue en bronze du "Vieux Lion". "A chaque fois que la liberté est attaquée en ce siècle, nous devons nous souvenir du courage et de la détermination du siècle dernier", a-t-il dit, aux côtés du chef de l'opposition travailliste Ed Miliband, et du vice-Premier ministre Nick Clegg (libéral-démocrate). Fastueuses et solennelles, ces commémorations témoignent de l'héritage de cet homme connu pour son caractère impétueux, ses cigares et son chapeau melon. Churchill n'a pourtant pas toujours été considéré comme un héros national: "Soyons honnêtes, Churchill, c'était souvent une catastrophe", souligne The Times dans un article publié cette semaine. Son échec le plus retentissant reste probablement la désastreuse expédition des Dardanelles (février 1915-janvier 1916) qui se solda par une déroute et 180.000 morts du côté allié. Mais Churchill n'a pas manqué son rendez-vous avec l'Histoire: Premier ministre de 1940 à 1945, il mène la Grande-Bretagne à la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, et trouve les mots pour rassembler derrière lui tout un peuple inquiet de la progression des troupes du IIIe Reich dans toute l'Europe. "Nous nous battrons sur les plages. Nous nous battrons sur les terrains de débarquement. Nous nous battrons dans les champs, et dans les rues, nous nous battrons dans les montagnes. Nous ne nous rendrons jamais", lance-t-il ainsi en juin 1940. "Il est parvenu à changer le cours de l'histoire en faisant preuve de leadership à un moment où le pays perdait la foi", a déclaré à l'AFP son arrière-petit-fils, Randolph Churchill. Cet homme de mots et d'action était également un homme de lettres, prix Nobel de littérature en 1953, mais aussi un peintre doué, un art où, comme en politique, il prônait "l'audace". Objet d'un véritable culte depuis sa mort, au Royaume-Uni comme dans le reste du monde, Churchill est, pour beaucoup de Britanniques, bien davantage qu'une figure historique, explique Richard Toye, professeur de l'Université d'Exeter, auteur de plusieurs ouvrages sur le "Vieux Lion". "Les gens continuent d'avoir un rapport émotionnel avec lui (...) et certains vivent une attaque contre Churchill comme si elle s'adressait à eux-mêmes", ajoute l'universitaire.

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