Charlie Hebdo: amendes pour les auteurs des fuites sur l'identité des frères Kouachi après l'attaque

12/10/16 à 18:43 - Mise à jour à 18:51

Source: Belga

Un ancien de la DGSE (renseignement extérieur), Pierre Martinet, et le journaliste Jean-Paul Ney ont été condamnés mercredi à la même peine de 3.000 euros d'amende après avoir diffusé le 7 janvier 2015 l'identité des frères Kouachi après l'attentat contre Charlie Hebdo.

Charlie Hebdo: amendes pour les auteurs des fuites sur l'identité des frères Kouachi après l'attaque

François Molins, le procureur de Paris © AFP

Le tribunal correctionnel de Paris les a déclarés coupables de recel de violation du secret de l'enquête. Ils avaient publié sur les réseaux sociaux les éléments d'identification des frères Kouachi et d'un troisième homme, rapidement mis hors de cause, figurant dans la "diffusion nationale urgente" au sein de la police, ainsi qu'une fiche concernant Chérif Kouachi. "L'un comme l'autre, de par leur activité professionnelle ou leur expérience, ne pouvaient ignorer" que ces éléments "ne peuvent provenir que d'une source policière soumise au secret de l'enquête", a souligné le tribunal.

En revanche, les juges ont estimé que la photo de la carte d'identité de Saïd Kouachi n'était pas nécessairement issue d'une violation du secret de l'enquête, "aucun élément ne permettant de déterminer sa traçabilité".

Ainsi, l'une des policières poursuivie pour l'envoi de la seule photo de cette carte d'identité a été relaxée. La seconde policière poursuivie a également été relaxée, car il existe des "doutes sur la matérialité même de l'envoi" des documents litigieux. Pierre Martinet va faire appel, a déclaré son avocat. Jean-Paul Ney "devrait" lui aussi faire appel, selon son conseil.

Dans la soirée du 7 janvier 2015, Jean-Paul Ney avait notamment tweeté un cliché de la carte d'identité de Saïd Kouachi, en écrivant: "On vous tiens (sic) enfants de putain". Tweetant la fiche "canonge" de Chérif Kouachi, il ajoutait "moi je publie jusqu'au bout". L'enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", n'a pu remonter jusqu'à la fuite initiale, qui avait permis aux deux policières poursuivies d'avoir les copies des documents. Mais elle démontré que de nombreux policiers avaient reçu la photo de la carte d'identité de Saïd Kouachi, notamment pas l'intermédiaire du syndicat de police Alliance.

Le procureur de la République à Paris, François Molins, avait déploré ces fuites, qui avaient ruiné "tout espoir de surprise" dans la traque des frères Kouachi. Ils avaient finalement été tués le 9 janvier lors de l'assaut des forces de l'ordre dans l'imprimerie de Damartin-en-Goële (Seine-et-Marne) dans laquelle ils s'étaient retranchés.

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