#ChapelHillShooting : soulèvement sur Twitter après le meurtre de trois étudiants musulmans aux États-Unis

13/02/15 à 14:05 - Mise à jour à 14:04

Une fusillade a éclaté mardi soir dans une ville universitaire en Caroline du Nord (USA). Trois étudiants musulmans ont été tués. Les internautes déplorent la faible couverture médiatique de l'évènement.

#ChapelHillShooting : soulèvement sur Twitter après le meurtre de trois étudiants musulmans aux États-Unis

Hommage aux trois victimes de la fusillade de Chapel Hill © BELGAIMAGE/AFP

Mardi soir, dans la ville universitaire de Chapel Hill, trois étudiants d'une même famille, Deah Shaddy Barakat (23), sa femme Yusor Abu Salha (21) et la soeur de celle-ci Razan Abu Salha (19) sont abattus, rapporte le journal local Chapel Hill News. Le tireur, Craig Stephen Hicks, s'est lui-même rendu à la police. Cette fusillade résulterait d'une querelle de voisinage, rapporte Le Monde. Les étudiants sont tous les trois de confession musulmane et les internautes s'interrogent sur les circonstances de ce drame.

Cette fusillade a donné lieu à de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et à la création d'un hashtag #ChapelHillShooting. La mobilisation des internautes a été assez élevée puisque le hashtag atteignait plus de 1.7 million mentions ce vendredi matin, selon le site Topsy.

Un autre hashtag a également été utilisé : #MuslimLivesMatter (la vie des musulmans compte), en référence au hashtag #BlackLivesMatter qui avait suivi le meurtre d'un adolescent noir par un policier à Ferguson aux États-Unis.

Le but de ces tweets est de pointer du doigt la faible couverture médiatique, surtout des médias nationaux américains qui n'ont commencé à en parler que le lendemain.

Crime racial ou querelle entre voisins ?

Les premiers résultats de l'enquête montrent que le meurtre a été motivé par une dispute de voisinage à propos d'un emplacement de parking. Dans un communiqué, la police écrit : "Nos enquêteurs essaient de comprendre ce qui a pu motiver M. Hicks à commettre un acte aussi gratuit et tragique. Nous comprenons les interrogations à propos de la possibilité d'un acte motivé par la haine et nous allons explorer les pistes pour voir si c'est le cas."

Personne ne connait réellement les motivations de l'auteur qui se revendique comme "fier d'être athée". Il avait notamment publié sur Facebook : " Étant donné les énormes dégâts que votre religion a faits dans ce monde, je dirais que j'ai non seulement le droit, mais aussi le devoir, de l'insulter ", publication qui n'est désormais plus disponible sur le réseau social. Selon Le Monde, il y fait référence aux religions de manière générale, sans en viser une en particulier. Son épouse, interrogée par les médias, se dit d'ailleurs "absolument convaincue que l'incident n'avait rien à voir avec la religion ou la foi des victimes. "

Craig Stephen Hicks s'est rendu lui-même à la police après la fusillade

Craig Stephen Hicks s'est rendu lui-même à la police après la fusillade © BELGAIMAGE

"Les internautes se trompaient de combat"

Selon Jacques Cardoze, correspondant pour France Télévision à Washington, les internautes se trompent de combat. En effet, les médias n'ont relayé l'information que le mercredi, le lendemain de la fusillade. Mais c'est là toute l'importance selon lui : "Les médias américains n'ont commencé à s'intéresser aux meurtres que lorsqu'il a été question de crime à caractère racial ", rappelant que les médias préfèrent rester prudents avant d'avancer ce genre d'informations tant que cela n'a pas été prouvé comme étant un crime racial, explique-t-il sur le blog du Bureau de Washington de FranceTV .

Il rappelle également que les fusillades aux États-Unis sont monnaie courante et défend les médias américains : " Quand à leur temps de réaction, il n'est pas dû à l'origine des victimes, mais à une terrifiante banalité du fait".

Environ quatre fusillades ont lieu chaque jour aux États-Unis, selon des données du Bureau of Justice Statistics et Jacques Cardoze en conclut qu'aux États-Unis " il faut plus qu'un simple meurtre multiple pour se retrouver sur CNN".

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