CETA: Juncker ne désespère pas de trouver rapidement un accord avec la Wallonie

21/10/16 à 12:06 - Mise à jour à 15:37

Source: Afp

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, "ne désespère pas de trouver une solution d'ici quelques jours" avec la Wallonie. Le ministre-président wallon Paul Magnette a lui fait part de nouvelles avancées dans les négociations, tout en reconnaissant la persistance de plusieurs points de blocage. Charles Michel a reconnu que "l'échéance sera une question centrale".

CETA: Juncker ne désespère pas de trouver rapidement un accord avec la Wallonie

© Belga

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, "ne désespère pas de trouver une solution d'ici quelques jours" avec la Wallonie sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), a-t-il indiqué vendredi à l'issue du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. "Je ne pense pas que quelqu'un ait dit que le Conseil d'aujourd'hui serait la date butoir" pour avoir une réponse du gouvernement wallon, a également déclaré M. Juncker. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, s'est quant à lui dit "préoccupé" par le refus wallon. "Nous avons besoin d'un accord avec notre partenaire et ami le Canada. C'est important aussi pour la réputation européenne", a-t-il commenté. Selon M. Tusk, l'opposition de la Wallonie au CETA est plus liée à des questions politiques internes qu'aux affaires internationales. Le président du Conseil a également souligné que les citoyens européens manifestaient de plus en plus leurs préoccupations concernant les accords commerciaux. "Je crains que nous ne puissions pas négocier à l'avenir les futurs accords de libre-échange si nous ne montrons pas que nous sommes sérieux quand il s'agit de protéger les consommateurs européens, les travailleurs et les entreprises", a-t-il averti.

Pour Charles Michel la question de l'échéance pour un accord est centrale

La question du temps laissé à la Wallonie, à la Commission européenne et au Canada pour parvenir à un accord qui permettrait au gouvernement régional d'accepter le traité de libre-échange avec le Canada (CETA) est centrale, a affirmé vendredi le Premier ministre Charles Michel alors que le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 28 Etats membres s'est terminé sans feu vert wallon. Les négociations se poursuivaient encore, vendredi, entre le ministre-président wallon Paul Magnette et les représentants du Canada et de la Commission européenne. Le Premier ministre continuera "à être en contact heure par heure avec les différents acteurs", a-t-il indiqué à l'issue du Conseil européen. Interrogé sur le calendrier idéal pour boucler un accord, alors qu'un sommet UE-Canada était prévu le jeudi 27 octobre pour signer le CETA, le Premier ministre a reconnu que "l'échéance sera une question centrale". "Il y a un certain sentiment d'urgence, car c'est une question de réputation de l'Union européenne", a-t-il constaté. "Nous avons tout à gagner à sortir rapidement de cette situation et à montrer que l'Europe fonctionne." Charles Michel a démenti que la Commission européenne ait fixé une sorte d'ultimatum à la Wallonie en exigeant un accord pour ce vendredi.

Des discussions très constructives

M. Magnette, qui s'est entretenu toute la matinée à Namur avec la ministre canadienne du Commerce Chrystia Freeland, son négociateur en chef pour le CETA ainsi que le négociateur en chef de l'Union européenne, a qualifié ces discussions de "très constructives". "A ce stade, j'ai le sentiment qu'il y a des volontés d'avancer", a commenté le ministre-président devant les députés.

Des "avancées significatives" ont été engrangées sur les questions agricoles, mais "nous avons toujours des difficultés sur le dossier de l'arbitrage" des différends potentiels entre entreprises et Etats.

Si la mise en place d'un mécanisme d'arbitrage public est désormais sur la table, "à l'analyse cela nous paraît insuffisant", a ajouté M. Magnette. Celui-ci a aussi fait part d'autres difficultés sur le dossier des services publics.

Le ministre-président rejette toujours tout cadre temporel pour aboutir, la signature officielle étant théoriquement prévue jeudi prochain à l'occasion du sommet UE-Canada à Bruxelles. "Il faut reporter ce sommet, mais à ce stade je n'arrive pas à convaincre...", a dit M. Magnette, réitérant son attitude "constructive" pour parvenir à un "bon traité".

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