Certains geôliers parlaient français: "des Français, des Belges, sont partis faire le jihad"

20/04/14 à 10:09 - Mise à jour à 10:09

Source: Le Vif

Certains des geôliers des quatre journalistes français libérés après dix mois de captivité en Syrie parlaient français, a affirmé dimanche le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

Certains geôliers parlaient français: "des Français, des Belges, sont partis faire le jihad"

© AFP

Interrogé sur la présence de geôliers des ex-otages qui parlaient français, le ministre a répondu: "Malheureusement oui! ". "Il y a des Français, des Belges, des Italiens, des Européens en général, qui sont partis faire le jihad" en Syrie, a ajouté Laurent Fabius interrogé lors du Grand rendez-vous I-télé, Europe 1, Le Monde.

Les quatre otages étaient aux mains de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes jihadistes en Syrie. "Il faut être très discret car les terroristes utilisent tout contre les otages eux-mêmes", a-t-il souligné en rappelant que des journalistes d'autres nationalités, une vingtaine selon lui, sont toujours détenus en Syrie.

Didier François, grand reporter à la radio Europe 1, et le photographe Edouard Elias avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013. Nicolas Hénin, reporter à l'hebdomadaire français Le Point, et Pierre Torrès, photographe indépendant, avaient été enlevés le 22 juin à Raqqa.

Ils ont été retrouvés par une patrouille de l'armée turque dans la nuit de vendredi à samedi dans le no man's land de la frontière séparant la Turquie et la Syrie, près de la petite ville turque d'Akçakale (sud-est). M. Fabius a précisé qu'ils "ont été lâchés près de la frontière turque, ils sont arrivés en Turquie, les Turcs ne savaient pas qui ils étaient" et ont procédé à des vérifications. "Samedi au petit matin, nous avons été avertis par le patron des services secrets" français", a-t-il raconté.

Comme certains des quatre ex-otages l'ont laissé entendre, "ils ont été traités très durement", a souligné le ministre.

Accueillis en France par Hollande

Les quatre journalistes français, ex-otages en Syrie, ont atterri dimanche en France sur la base militaire d'Evreux (nord-ouest) pour une courte escale avant de rejoindre à bord d'un hélicoptère celle de Villacoublay, au sud de Paris, pour leur accueil officiel, a-t-on appris auprès de la présidence.

Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès, libérés samedi à la frontière avec la Turquie, y seront accueillis vers 09H00 par le président François Hollande, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, leurs familles et de nombreux confrères.

Ils se rendront dans un premier temps "au calme" dans un salon VIP de la base de Villacoublay qui accueille habituellement les vols gouvernementaux, avant de revenir devant leurs confrères en compagnie du président Hollande, qui prendra la parole, a indiqué un officier de presse. Puis ils se rendront dans un hôpital militaire parisien pour un bilan médical, a-t-il précisé.

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