Centrafrique : l'armée française se déploie à Bangui, où 130 personnes ont été massacrées

05/12/13 à 19:51 - Mise à jour à 19:51

Source: Le Vif

Avec l'accord de l'ONU, l'armée française a débuté jeudi son intervention pour restaurer la sécurité en Centrafrique, où la situation a commencé à dégénérer avec le massacre d'au moins 130 personnes à Bangui.

Centrafrique : l'armée française se déploie à Bangui, où 130 personnes ont été massacrées

© Reuters

"Vu l'urgence, j'ai décidé d'agir immédiatement, c'est-à-dire dès ce soir (...)", a annoncé le président français François Hollande, lors d'une courte déclaration à la télévision française.

L'opération française "sera rapide", elle "n'a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès", a déclaré M. Hollande. "La France n'a pas d'autre objectif que de sauver des vies humaines", a-t-il assuré, quelques heures à peine après le vote à l'unanimité d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir en République centrafricaine.

Cette annonce officielle du début de l'opération "Sangaris" (du nom d'un papillon rouge) dans la foulée du vote à l'ONU tombe au terme d'une journée de massacre à Bangui, sous couvre-feu dès la nuit tombée, et où les habitants vivaient dans l'angoisse des heures à venir.

Selon un colonel de l'état-major français, "environ 250 soldats français se sont déployés" dès jeudi matin dans Bangui" depuis leur base près de l'aéroport, avec pour mission de "sécuriser les points sensibles" et de regrouper les étrangers. Le président Michel Djotodia a par ailleurs annoncé l'extension immédiate de quatre heures du couvre-feu, imposé désormais de 18H00 à 06H00. Le gouvernement a également ordonné la fermeture des frontières avec la RDC.

Les autorités ont imputé la responsabilité des violences du jour à des milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) et à des éléments favorables au président déchu François Bozizé. Le scénario cauchemar de massacres inter-religieux à grande échelle semble donc malheureusement se préciser, au milieu d'une anarchie généralisée. Après avoir subi des mois durant la loi d'airain et les exactions des ex-rebelles Séléka, pour la plupart musulmans, certains dans la capitale, très majoritairement chrétienne, pensent que l'heure de la vengeance a sonné. Une extrême tension règne désormais dans les rues de Bangui désertée, par endroits livrées aux pillages, et où ne circulent plus que les pick-up des combattants Séléka surarmés. Les habitants restent terrés chez eux, terrorisés par les ex-rebelles désireux de se venger des attaques de la matinée, qui écument les quartiers et défoncent une à une les portes des maisons à la recherche "d'infiltrés" présumés.

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