Ce que l'on sait sur la mystérieuse disparition du Boeing de Malaysia Airlines

10/03/14 à 11:02 - Mise à jour à 11:02

Source: Le Vif

Un Boeing 777-200 a quitté Kuala Lumpur en Malaisie juste après minuit, samedi. Il devait arriver à Pékin vers 6H30 locales. L'avion, dont on est toujours sans nouvelles, a perdu le contact avec le contrôle aérien à 2H40. Retour sur les nombreux mystères entourant cette disparition.

Ce que l'on sait sur la mystérieuse disparition du Boeing de Malaysia Airlines

© Image Globe

Le contact avec l'appareil a été perdu alors qu'il se trouvait au-dessus du Vietnam. Selon l'agence Chine Nouvelle, l'avion n'est pas entré dans la sphère de contrôle de l'aviation civile chinoise.

Selon le gouvernement vietnamien, l'avion a perdu le contact près de l'espace aérien de la province de Ca Mau, dans le sud du Vietnam. Il aurait dû se signaler aux autorités vietnamiennes vers 1h21, mais son code n'est jamais apparu sur le tableau des contrôleurs aériens.

Ce que l'on sait sur l'appareil

L'appareil, un Boeing 777-200 de plus de onze ans, fait partie de la famille de ces gros-porteurs bi-réacteurs qui affiche un bon bilan en ce qui concerne la sécurité. L'appareil est l'un des plus populaires depuis sa mise en service en 1995. Ces avions, souvent utilisés pour des vols de douze heures ou plus, par-delà les océans, d'un continent à l'autre, ont remplacé en grande partie les anciens Boeing 747.

Le seul accident mortel impliquant un 777 avait eu lieu en juillet 2013 à l'aéroport de San Francisco, faisant trois victimes, dont une adolescente chinoise qui avait survécu au crash, mais avait été écrasée sur le tarmac par un véhicule de secours.

Le capitaine de l'appareil est un Malaisien de 53 ans comptant 18.365 heures de vol. Il est employé par la compagnie depuis 1981.

Qui était à bord ?

Le vol MH370 transportait 227 passagers et 12 membres d'équipage. Les passagers sont issus de 14 nationalités, dont 153 Chinois, 38 personnes originaires de Malaisie, 12 Indonésiens, 6 Australiens, 3 Français, 4 Américains , 2 passagers originaires de Nouvelle-Zélande, 2 Ukrainiens, 2 Canadiens, 1 Russe, 1 Italien, 1 citoyen de Taiwan, 1 Néerlandais et 1 Autrichien.

Un Autrichien du nom de Christian Kozel et un Italien du nom de Luigi Maraldi apparaissent sur la liste des passagers, mais ils n'étaient pas à bord. Tous les deux se sont fait voler leur passeport en Thaïlande en 2012 et 2013, a confirmé l'organisation policière internationale Interpol. Des informations de vol montrent que les deux billets d'avion à leur nom ont été réservés le 6 mars 2014 et émis dans la ville de Pattaya, station balnéaire de Thaïlande.

Les deux billets électroniques portent des numéros consécutifs et ont tous deux été payés en bahts, la monnaie thaïlandaise. Un haut responsable de la police thaïlandaise a déclaré que la police thaïlandaise enquêtait sur un possible trafic de passeports volés à Phuket, station du sud du pays, où le passeport de Maraldi a été volé.

Alors que le ministre des Transports malaisien a évoqué quatre suspects, le patron de l'aviation civile, Azharuddin Abdul Rahman, a précisé que seuls deux passagers, enregistrés sur les caméras de surveillance, auraient utilisé des passeports volés. Selon la presse officielle chinoise, un Chinois dont le numéro de passeport était également sur la liste des passagers n'était pas à bord, mais sans que son passeport ait été volé.

Il a par ailleurs confirmé des informations selon lesquelles cinq passagers munis de billets avaient enregistré leurs bagages sans se présenter à l'embarquement. La compagnie assure cependant avoir isolé ces bagages dès que leur absence a été constatée, avant le décollage de l'avion, conformément à la procédure habituelle.

La Compagnie Malaysia Airlines peut-elle être mise en cause ?

La compagnie Malaysia Airlines a enregistré peu d'accidents. En octobre, un bimoteur Twin-Otter s'était écrasé à l'atterrissage sur l'île de Bornéo, entraînant la mort du copilote et d'un passager. Le pire accident des 66 ans d'histoire de la compagnie a eu lieu en 1977, lorsqu'un appareil s'était écrasé dans le sud de la Malaisie après un détournement, tuant les 93 passagers et les sept membres d'équipage.

Comment se déroulent les recherches ?

Au total, une quarantaine de navires et 22 appareils de divers pays (notamment Chine, États-Unis, Vietnam, Malaisie, Philippines, Singapour) participent désormais aux opérations.

Le ministère vietnamien de la Défense a annoncé une opération de recherche et la Malaisie a envoyé un avion, deux hélicoptères et quatre navires pour fouiller au large de sa côte est, en mer de Chine méridionale.

La Chine a de son côté ordonné à des navires de patrouille maritime dans la région de commencer à chercher et les Philippines ont dépêché trois navires et un avion de surveillance.

Samedi, les autorités vietnamiennes ont localisé des taches de pétrole au large des côtes du pays, à 150 km de l'île Tho Chu et à 190 km du cap Ca Ma. Hanoi a envoyé des secours dans la région. Le Vietnam exploite plusieurs plates-formes pétrolières dans la région. Le fioul prélevé en mer n'appartient pas au Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui a disparu, ont révélé lundi les analyses.

La police fédérale américaine (FBI) a dépêché des agents et des experts. Des responsables américains ont affirmé qu'ils essayaient de déterminer s'il y avait une piste terroriste pour expliquer les causes de la disparition du Boeing 777.

Des traces de l'avion ont-elles été retrouvées ?

De possibles débris du Boeing ont été aperçus au large du Vietnam dimanche soir. La nuit étant tombée, aucun repêchage n'était envisageable. C'est dans cette même zone de la mer de Chine du Sud que deux traînées de carburant de plusieurs kilomètres avaient été découvertes. "Nous avons observé plusieurs objets, mais aucun d'eux pour le moment (n'a été confirmé comme provenant) de l'appareil", a cependant annoncé Azharuddin Abdul Rahman lundi matin.

Des navires convergeaient lundi vers la zone où a été repéré, flottant à la surface, un objet qui pourrait être un radeau de survie. La météo est plutôt clémente dans la région, elle n'a donc pas été prise en compte par les autorités pour expliquer cette mystérieuse disparition.

Quelles sont les pistes expliquant cette disparition ?

Malaysia Airlines a indiqué que l'avion n'avait pas envoyé de signal de détresse ni aucune autre indication signalant un problème.

La Malaisie examine l'hypothèse terroriste. Les services de sécurité du pays s'intéressent à deux passagers qui auraient utilisé pour embarquer des passeports européens volés, faisant craindre un attentat.

Des responsables américains ont affirmé qu'ils essayaient de déterminer s'il y avait une piste terroriste. Un responsable américain spécialisé dans la lutte antiterroriste a précisé qu'il n'y a "pas d'indice montrant qu'il s'agit d'une attaque terroriste".

À Washington, un responsable américain a indiqué être au courant des informations sur deux passeports volés. "Nous n'avons pas trouvé de lien avec le terrorisme, bien que ce soit trop tôt et en aucune façon définitif".

Le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein, a indiqué que l'enquête se focalise sur les deux passagers toujours non identifiés. "Je peux vous confirmer que les caméras de vidéo-surveillance nous ont donné un visuel sur ces deux individus", a-t-il fait savoir, tout en précisant que la priorité demeurait les opérations de recherche.

"Il existe une possibilité réelle que l'avion ait fait demi-tour", a de son côté déclaré le chef de l'armée de l'air malaisienne, le général Rodzali Daud, sur la foi d'analyses radars. Mais le patron de Malaysia Airlines, Ahmad Jauhari Yahya, a souligné que les systèmes d'alerte du Boeing auraient alors été déclenchés. "Quand il y a un demi-tour en vol, le pilote ne peut pas continuer comme prévu", a-t-il ajouté, notant que les autorités étaient "perplexes".

Les recherches engagées pour retrouver le Boeing 777 de Malaysia Airlines disparu depuis plus de 48 heures avec 239 personnes à bord n'avaient donné aucun résultat lundi à la mi-journée, a annoncé un responsable malaisien.

Nos partenaires