Carnage au Yémen : 71 morts, 98 blessés dans un attentat suicide de l'EI

29/08/16 à 12:15 - Mise à jour à 15:43

Source: Afp

Au moins 71 personnes ont été tuées et 98 blessées lundi à Aden dans un attentat suicide du groupe Etat islamique (EI) ayant visé de jeunes recrues de l'armée yéménite qui combat à la fois des rebelles chiites et des jihadistes sunnites.

Carnage au Yémen : 71 morts, 98 blessés dans un attentat suicide de l'EI

Aden. © Reuters

L'attaque à la voiture piégée est la plus sanglante à endeuiller la grande ville du sud du Yémen depuis son retour dans le giron du gouvernement en juillet 2015.

Elle illustre les difficultés qu'ont les autorités à rétablir la sécurité à Aden, pourtant déclarée "capitale provisoire" du Yémen.

L'EI a rapidement revendiqué l'attaque en louant l'"opération martyre" menée par un de ses combattants contre "un centre de recrutement de l'armée", a rapporté l'agence Amaq, organe de propagande de l'EI.

De 11 morts, le bilan du carnage est vite monté à 18, puis à 40, pour s'établir à 71 dans l'après-midi, selon les trois principaux établissements hospitaliers de la ville.

A lui seul, l'hôpital de Médecins sans frontières (MSF) a indiqué dans un tweet avoir reçu 45 morts et 60 blessés.

Selon des sources de sécurité, l'explosion s'est produite dans la cour d'une école à la sortie nord d'Aden.

Les recrues terminaient les formalités pour rejoindre un groupe de 5.000 soldats devant être formés pour aller combattre les rebelles chiites Houthis dans le nord, selon des sources militaires.

Le kamikaze a alors profité de l'entrée d'une camionnette de livraison pour lancer son véhicule contre le rassemblement, ont indiqué des témoins.

La déflagration a été si forte qu'"elle a provoqué l'effondrement d'un toit d'une salle de classe sur de nombreuses recrues", a précisé un responsable de sécurité. Des débris de véhicule jonchaient le sol, tandis que les murs étaient maculés de sang.

- Multiples attaques -

Les jihadistes ont multiplié les attentats à Aden ces derniers mois en dépit de nombreux plans pour sécuriser la ville.

Le dernier d'entre eux a coûté la vie le 20 juillet à quatre policiers et a été revendiqué par l'EI.

Le 6 juillet, les forces gouvernementales, soutenues par une coalition arabe, avaient délogé des jihadistes d'une base militaire d'Aden contre laquelle ils avaient perpétré un double attentat puis lancé un assaut. Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) avait revendiqué ces attaques qui avaient tué dix soldats.

En mai, l'EI avait déjà revendiqué une double attaque contre des recrues de l'armée et une base militaire à Aden (41 morts) et un attentat suicide contre de jeunes recrues de la police dans le sud-est, à Moukalla (41 morts).

Les groupes jihadistes ont renforcé leur présence dans le sud et le sud-est du Yémen en profitant du conflit qui oppose depuis 2014 les Houthis, venus du nord, au gouvernement du président Abd Rabbo Mansour qui a été chassé de la capitale Sanaa.

En mars 2015, l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition arabe pour enrayer l'avancée des Houthis pro-iraniens qui, alliés aux partisans de l'ex-président déchu Ali Abdallah Saleh, étendaient leur emprise sur le Yémen.

L'attentat de lundi intervient sur fond de blocage du processus de paix entre rebelles et gouvernement après l'échec le 6 août de négociations de paix organisées à Koweït par les Nations unies.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a proposé jeudi dernier une nouvelle approche pour résoudre le conflit sur la base de la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Les Houthis ont cependant poursuivi leurs tirs de roquettes sur le sud de l'Arabie saoudite, tuant dimanche trois enfants saoudiens et blessant 9 autres personnes.

La coalition sous commandement saoudien a elle aussi continué ses raids aériens dont l'un a coûté la vie à huit civils yéménites (trois femmes et une fillette et quatre hommes) lundi au nord de Sanaa, selon des secouristes et des témoins.

La Croix-Rouge a toutefois réussi à acheminer par avion une cargaison d'insuline pour diabétiques, en affirmant que cela aiderait à "atténuer les souffrances de quelque 900.000 malades".

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