Burundi: le parti présidentiel s'en prend à la Belgique et à la famille Michel

26/11/15 à 09:05 - Mise à jour à 09:07

Source: Belga

Le parti présidentiel burundais CNDD-FDD s'en est pris mercredi une nouvelle fois à la Belgique, accusée de "chercher par tous les moyens à couvrir les terroristes" - un terme qui recouvre généralement les opposants au 3e mandat contesté du président Pierre Nkurunziza -, dénonçant au passage la "politique mafieuse" de l'ex-ministre des Affaires étrangères Louis Michel et de sa famille, dans une allusion à l'actuel Premier ministre Charles Michel.

Burundi: le parti présidentiel s'en prend à la Belgique et à la famille Michel

Pascal Nyabenda, président du Conseil national pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), avril 2015 © Reuters

"La Belgique est la source première de toute la problématique burundaise et comment alors elle pourrait se targuer d'être au-dessus de la mêlée alors qu'elle est partie prenante au conflit. C'est dire donc que les bourreaux se seraient transformés en justiciers et que les modalités de résolution du conflit seraient dictées par les bourreaux, cela n'a été vu nulle part", a affirmé le président du Conseil national pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), Pascal Nyabenda, dans un communiqué obtenu par l'agence Belga.

M. Nyabenda accuse, dans une nouvelle diatribe anti-belge, l'ancienne puissance de tutelle - qui a administré ce petit pays d'Afrique centrale, ex-colonie allemande entre 1922 et juillet 1962, date de son accession à l'indépendance - d'armer et de financer les "terroristes" qui s'opposent, de manière parfois violente, au 3ème mandat de M. Nkurunziza.

"Il est temps s'il n'est pas trop tard que l'oppression sur le Burundi cesse pour que le terrorisme soit combattu au Burundi de la même façon qu'ailleurs. Les terroristes, n'importe où ils se trouvent doivent être arrêtés et traduits en justice", a ajouté le président du CNDD-FDD, une ex-rébellion arrivée au pouvoir à Bujumbura.

Le Burundi est plongé dans une crise politique majeure depuis l'annonce fin avril de la candidature du président sortant Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, jugé contraire à la Constitution par l'opposition.

Les violences liées à la crise ont déjà fait plus de 240 morts selon l'ONU, et la communauté internationale craint qu'elle ne débouche sur des exactions à grande échelle, dix ans après la fin de la guerre civile (300.000 morts entre 1993 et 2006), dans un pays dont l'histoire post-coloniale est marquée par des massacres entre majorité hutu et minorité tutsi.

Le régime de Bujumbura prône un dialogue national organisé au Burundi, tout en excluant toute négociation avec une partie de l'opposition, accusée d'être impliquée dans la tentative déjouée de coup d'Etat militaire du 13 mai et d'être derrière la rébellion naissante au Burundi.

"Le parti CNDD-FDD a besoin de voir les Belges assumer leurs responsabilités et de comparaître dans le dialogue inter-burundais au même titre que d'autres citoyens du pays. Leur participation dans ledit dialogue sera un bon geste puisqu'il y aura une discussion sur la toute problématique burundaise afin de trouver une solution durable. La délégation belge est donc la bienvenue au processus de dialogue inter-burundais. Elle pourra même donner des propositions sur la conduite de ces assises de dialogue dans lesquelles nous allons trouver un compromis", ajoute M. Nyabenda.

Il omet toutefois de rappeler que le gouvernement burundais a demandé le mois dernier à Bruxelles, par le biais d'une note verbale, le remplacement de son ambassadeur en poste à Bujumbura, Marc Gedopt, et annoncé le retrait de son agrément en raison "d'une dégradation de la confiance" entre les deux pays.

Le président du CNDD-FDD dénonce enfin le fait que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, ait "sommé" tous les Belges résidant au Burundi de rentrer chez eux "sous (le) prétexte fallacieux que le parti CNDD-FDD au pouvoir sort des communiqués contre eux".

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