Burundi: la crise politique représente un risque potentiellement "catastrophique"

16/08/15 à 09:58 - Mise à jour à 09:59

Source: Belga

L'Union africaine (UA) a lancé une mise en garde dimanche sur les potentielles "conséquences catastrophiques" au Burundi et dans la région en cas d'échec d'un règlement pacifique de la crise politique.

Burundi: la crise politique représente un risque potentiellement "catastrophique"

© REUTERS

Au lendemain de l'assassinat d'un ex-chef d'état-major de l'armée burundaise, figure du camp tutsi pendant la guerre civile (1993-2006), à Bujumbura par des inconnus, qui témoigne de l'atmosphère de violences qui prévaut désormais au Burundi, la présidente de la Commission de l'UA, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, a appelé toutes les parties "à la plus grande retenue".

"Cet acte ignoble et les multiples autres actes de violence enregistrés ces derniers mois illustrent encore une fois la gravité de la situation que connaît le Burundi et les risques réels de la voir se détériorer davantage, avec des conséquences catastrophiques tant pour le pays lui-même que pour l'ensemble de la région", écrit la responsable de l'UA dans un communiqué.

Le Burundi traverse une grave crise politique depuis la fin avril quand a débuté une contestation populaire contre un troisième mandat présidentiel. Malgré des violences qui ont fait une centaine de morts et un coup d'État avorté mi-mai, le président Nkurunziza (au pouvoir depuis 2005) a été officiellement réélu fin juillet, lors d'un scrutin contesté notamment par l'opposition, la société civile et la communauté internationale.

Le colonel Jean Bikomagu a été tué samedi à la mi-journée par des inconnus alors qu'il rentrait à son domicile dans le quartier de Kabondo (sud), a indiqué à l'AFP un membre de sa famille.

Les assaillants, selon la même source, ont ouvert le feu sur sa voiture, devant le portail de la maison, avant de prendre la fuite. Sa fille a été grièvement blessée. Le colonel Bikomagu était une figure des ex-Forces armées burundaises (FAB) pendant la sanglante guerre civile entre l'armée, dominée par la minorité tutsi, et des rébellions hutu, qui fit près de 300.000 morts. Il était notamment chef d'état-major dans les premières années de la guerre, lors du coup d'État mené en octobre 1993 par des officiers tutsi au cours duquel le président hutu Melchior Ndadaye fut assassiné.

Sa mort intervient une douzaine de jours après l'assassinat d'un cacique du régime et homme fort de l'appareil sécuritaire, le général Adolphe Nshimirimana. Ce proche du président Pierre Nkurunziza, personnalité-clé de l'ancienne rébellion hutu, avait été tué dans une attaque à la roquette dans un quartier nord de la capitale, faisant craindre de sanglantes représailles du camp présidentiel, de la part notamment de la ligue de jeunesse du CNDD-FDD, qualifiée de milice par l'ONU.

Le lendemain, un célèbre défenseur burundais des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, qui avait plusieurs fois accusé publiquement le général Nshimirimana d'avoir exécuté des opposants, était blessé dans une tentative d'assassinat. Il a depuis quitté le pays pour la Belgique.

Mme Dlamini-Zuma "insiste encore une fois sur l'impératif du dialogue et du consensus pour trouver une solution pacifique et durable à la crise actuelle et préserver les acquis importants obtenus grâce à l'Accord d'Arusha de 2000 pour la paix et la réconciliation au Burundi et à l'Accord global de cessez-le-feu de 2003. Elle réitère l'appel de l'UA aux acteurs burundais pour qu'ils fassent preuve de la plus grande retenue et d'esprit de responsabilité en ce moment critique de l'histoire de leur pays", selon le communiqué de l'UA.

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