Brexit or not Brexit, l'heure de vérité pour les Britanniques

23/06/16 à 08:38 - Mise à jour à 08:38

Source: Afp

Les Britanniques votent jeudi sur leur appartenance à l'Union européenne lors d'un référendum historique qui se joue sur le fil du rasoir et va déterminer leur avenir et celui de l'Europe.

Brexit or not Brexit, l'heure de vérité pour les Britanniques

© Belga

A l'issue d'une campagne passionnée, axée sur l'immigration et la prospérité économique, un nombre record de citoyens, soit 46,5 millions, se sont inscrits pour voter, à partir de 06H00 GMT. Le résultat final devrait être annoncé dans les premières heures vendredi.

Deux sondages parus la veille donnaient une légère avance à une sortie de l'Union, ou Brexit (British Exit), mais un troisième plaçait le maintien en tête, laissant entier le suspense. Les bookmakers, eux, parient résolument sur une victoire du maintien dans l'UE, à 76% contre 24%.

Les électeurs doivent répondre à la question: "Le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne?". Ils ont ensuite le choix entre deux cases à cocher, Rester ou Quitter l'Union européenne.

L'enjeu est de taille et tous les dirigeants européens sont intervenus pour retenir les Britanniques, conscients que leur départ ferait peser une menace de désintégration du club des pays membres de l'UE.

Outre les conséquences économiques immédiates pour le pays - forts remous sur les marchés et chute probable de la livre -, un Brexit serait dommageable sur le plus long terme, ont prévenu toutes les grandes institutions internationales, du FMI à l'OCDE.

Il ouvrirait aussi une période de turbulences politiques, avec un probable départ du Premier ministre conservateur David Cameron, qui a lancé ce référendum et mené la campagne pour un maintien dans l'UE. Il pourrait aussi entraîner un éclatement du Royaume-Uni si les Ecossais, europhiles, mettaient à exécution leur projet d'organiser un nouveau référendum sur leur indépendance.

Retrouver 'l'indépendance'

David Cameron, qui joue sa carrière et sa place dans l'Histoire, a plaidé jusqu'au dernier jour pour convaincre ses concitoyens de rester dans l'UE, martelant que le pays y serait "plus prospère, plus sûr et plus fort" et mettant en garde contre un "saut dans l'inconnu (...) irréversible".

Le parti d'opposition travailliste et les nationalistes écossais du SNP se sont rangés dans le camp du "In", avec la City de Londres, coeur financier de la capitale, qui veut conserver son rôle de point d'entrée dans l'UE pour les firmes étrangères.

Côté Brexit, l'ex-maire de Londres Boris Johnson a pris la tête des conservateurs eurosceptiques et prédit des lendemains radieux aux Britanniques s'ils retrouvent leur "indépendance". Libérés des directives de l'UE, ils reprendraient le contrôle de leurs lois, de leurs finances et de leurs frontières et par conséquent de l'immigration, a-t-il assuré.

Le parti europhobe Ukip, dirigé par Nigel Farage, a axé toute sa campagne sur le contrôle de l'immigration et a fini par choquer jusqu'à son camp avec une affiche coup de poing montrant une colonne de réfugiés barrée du commentaire: "Point de rupture".

Voulant mettre un frein aux divisions qui rongent son parti conservateur sur l'UE, M. Cameron avait annoncé en janvier 2013 qu'il tiendrait ce référendum s'il était réélu, ce qui fut le cas en 2015.

Mais il a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les passions, attisées par les redoutables tabloïds britanniques, toujours prompts à vilipender l'UE sur le thème des technocrates de Bruxelles ravissant le pouvoir au peuple.

Dans cette atmosphère toxique, le meurtre d'une députée pro-UE, Jo Cox, une semaine avant le scrutin, par un homme invoquant la "liberté pour le Royaume-Uni", a choqué le pays, qui n'a pas fini de s'interroger sur les causes de ce drame.

Le vote de jeudi va montrer si le mariage de raison avec l'UE noué en 1973 va être reconduit. Déjà, le Royaume-Uni ne fait partie ni de l'espace Schengen, ni de l'euro, et n'a eu de cesse de consolider son statut à part au sein de l'Union. Il pourrait devenir le premier grand pays à décider de la quitter.

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