Brésil: la présidente Rousseff se dit "innocente" avant son jugement

17/08/16 à 08:28 - Mise à jour à 08:27

Source: Belga

Dilma Rousseff, la présidente du Brésil suspendue en mai, a clamé mardi être innocente" et prête à un référendum sur des élections anticipées si elle n'était pas destituée fin août, dans une lettre ouverte.

Brésil: la présidente Rousseff se dit "innocente" avant son jugement

Dilma Rousseff, une présidente sur la sellette © Reuters

"Il faut que le Sénat mette fin à la procédure de destitution, en reconnaissant face aux preuves irréfutables qu'il n'y a pas eu crime de responsabilité, que je suis innocente", dit-elle dans cette lettre lue au Palais de l'Alvorada à Brasilia devant la presse, et qu'elle a postée sur des réseaux sociaux.

"Je suis convaincue de la nécessite, et j'y apporterai mon soutien total, de la convocation d'un référendum dans le but de consulter la population sur la réalisation anticipée d'élections", ajoute la dirigeante de gauche dans son "Message au Sénat et au peuple brésilien".

La Constitution brésilienne ne prévoit par la possibilité d'élections anticipées en cours de mandat. Il faudrait donc pour les rendre possible qu'un amendement soit adopté par les deux tiers du parlement.

Ces élections anticipées, avant fin 2018, échéance de son deuxième mandat présidentiel, pourraient avoir lieu si elle n'était pas destituée lors de l'étape finale du jugement qui commencera le 25 août et devra durer cinq jours.

Si "la destitution passe sans crime de responsabilité (à son encontre), nous aurons un Coup d'État", assure l'ancienne guérilléra, torturée et emprisonnée sous la dictature militaire. "Les 110 millions d'électeurs seront remplacés par 81 sénateurs".

La présidente, réélue pour un second mandat de quatre ans fin 2014, est accusée d'avoir maquillé les comptes publics et d'avoir signé des décrets engageant des dépenses non prévues au budget sans avoir demandé au préalable l'accord du Parlement, une pratique à laquelle ses prédécesseurs avaient largement eu recours.

Mme Rousseff dénonce un coup d'État institutionnel ourdi par son vice-président Michel Temer, ancien allié devenu rival qui a assumé provisoirement ses fonctions le 12 mai, lorsqu'elle a été suspendue de ses fonctions par plus des deux tiers des sénateurs.

Si les deux tiers des sénateurs (54 voix sur 81) votent pour, le sort de la dirigeante de gauche sera définitivement scellé et ce sera la fin de plus de 13 ans de gouvernement du Parti des Travailleurs (PT), emblème de la gauche latino-américaine.

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