Bébé brûlé vif : Israël veut durcir la répression contre les extrémistes juifs

02/08/15 à 10:46 - Mise à jour à 10:46

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a autorisé dimanche la détention administrative, mesure habituellement réservée aux Palestiniens, contre des extrémistes juifs, après l'incendie criminel qui a coûté vendredi la vie à un bébé palestinien.

Bébé brûlé vif : Israël veut durcir la répression contre les extrémistes juifs

© Reuters

Aucun suspect n'a jusqu'à présent été arrêté pour cette attaque qui s'est produite dans le nord de la Cisjordanie occupée. Le père, la mère et le frère du bébé, très gravement brûlés, sont toujours entre la vie et la mort.

Pour tenter d'arrêter les auteurs de cet incendie, M. Yaalon a ordonné le recours à des détentions administratives, selon un porte-parole de la Défense. D'après les médias israéliens, cela pourrait donner aux enquêteurs le temps nécessaire pour réunir des preuves suffisantes afin de traduire en justice les suspects.

Cette procédure héritée du mandat britannique sur la Palestine, qui n'était jusqu'à présent appliquée qu'aux Palestiniens, permet d'emprisonner sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment. Actuellement, 379 des 5.686 prisonniers palestiniens y sont soumis.

"Le terrorisme juif doit être traité avec les mêmes moyens que le terrorisme arabe, y compris en utilisant les méthodes d'interrogatoire appropriées et des détentions administratives", a déclaré M. Yaalon, selon le porte-parole de la Défense. Il fait visiblement allusion à ce que les les autorités israéliennes appellent des "pressions physiques modérées", une méthode d'interrogatoire validée par la justice israélienne.

Depuis des années, des activistes d'extrême droite ou des colons se livrent, sous le label du "prix à payer", à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes israéliens, des lieux de culte musulmans et chrétiens ou même l'armée israélienne.

Seule une infime minorité des auteurs de ces agressions ont été arrêtés et poursuivis en justice. Selon l'ONG israélienne Yesh Din, 15 maisons palestiniennes ont été incendiées depuis 2008 en Cisjordanie sans qu'aucun auteur n'ait été arrêté.

La radio publique israélienne, citant des responsables de la sécurité, a affirmé qu'il était difficile d'infiltrer les petits groupes qui agissent sous le couvert du "prix à payer" car ils n'utilisent pas de téléphone cellulaire et restent muets durant leurs interrogatoires.

La radio a fait état d'un document retrouvé au domicile de Moshé Orbach, un des trois suspects inculpés pour l'incendie le 18 juin contre l'église de la Multiplication des pains -haut lieu du christianisme situé dans le nord d'Israël-, qui explique comment mettre le feu à des mosquées, des églises ou des maisons de Palestiniens sans laisser de trace.

Le chef de l'opposition travailliste Isaac Herzog a argué sur la radio publique que "lorsque l'Etat le veut, il peut lutter contre le terrorisme" et a également exhorté la droite au pouvoir "à un examen de conscience car la violence vient de son camp".

Avec l'Afp

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