Ban Ki-moon sur le banc des accusés

25/01/11 à 16:13 - Mise à jour à 16:13

Source: Le Vif

L'ONG Human Rights Watch s'en prend aux institutions démocratiques et au secrétaire général des Nation Unies (ONU) en les accusant de ne pas défendre les droits de l'Homme assez ouvertement.

Ban Ki-moon sur le banc des accusés

© EPA

Le rapport annuel de l'ONG Human Rights Watch est tombé. Elle accuse les pays démocratiques, l'ONU et l'Union européenne en tête, de ne pas défendre les droits de l'homme assez ouvertement.

Pire encore, ces derniers feraient preuve d'une timidité accrue face aux gouvernements répressifs et ce aux dépens des droits de l'homme.

L'ONG ne se contente dès lors plus de pointer l'aggravation des violations des droits de l'Homme. Elle met en exergue cette année "l'échec des pays censés être les champions" de ces droits.

C'est dans un document de 600 pages que Kenneth Roth, directeur général de l'ONG, reproche au secrétaire général de Nations Unies (ONU) Ban Ki-moon et à bon nombre de pays membres de sa Commission des droits de l'Homme de faire passer "dialogue et coopération" avant toute politique de pression publique sur les Etats fautifs.

L'organisation accuse Ban Ki-moon de défendre trop mollement les droits de l'Homme dans le monde et notamment en Chine.

Elle reproche également à l'ONU et à l'UE des actions trop discrètes, n'ayant lieu qu'en coulisses au lieu de privilégier des condamnations publiques pour amener les régimes répressifs tels que celui de la Chine à cesser de violer les droits de l'Homme.

Elle a ainsi dénoncé la "lâcheté quasi universelle face à la détérioration des libertés civiles en Chine".

D'après M. Roth l'Union européenne "semble avoir particulièrement adhéré à cette idée", il dénonce en effet la préférence largement exprimée de Catherine Ashton pour une diplomatie tranquille et ce quelles que soient les circonstances.

M. Roth ne mâche pas ses mots et accuse même l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, les trois principaux pays de l'UE, de participer largement à ce qu'il appelle "la lâcheté générale devant la Chine".

Il critique également les Etats-Unis pour s'être abstenus d'intervenir "avec énergie auprès par exemple de la Chine, de l'Inde et de l'Indonésie" lorsque cela aurait été nécessaire.

Les "grandes démocraties du Sud comme le Brésil, l'Afrique du sud et l'Inde" n'en sont pas moins épargnées.

Les Nations Unies ont quant à elles défendu l'action de leur secrétaire général. Le bureau du secrétaire général a répondu que Ban Ki-moon défendait les droits de l'Homme partout dans le monde et que la décision de dénoncer publiquement des cas particuliers relevait de "décisions stratégiques".

"Pour chaque cas il adopte une décision stratégique quant à la façon la plus efficace de s'assurer du respect des droits de l'homme", a dit un porte-parole de l'ONU.

Selon ce dernier, Monsieur Ban est parvenu à des résultats grâce à un équilibre entre diplomatie discrète et pressions publiques, prenant pour exemple d'action menée à bien, la libération d'un couple homosexuel au Malawi.

Le Vif.be avec Belga

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