"Bachar al-Assad ne peut pas être l'avenir de la Syrie"

27/02/15 à 11:20 - Mise à jour à 11:19

Source: Belga

Bachar al-Assad "ne peut pas être l'avenir de la Syrie" ravagée par quatre ans de guerre, car il représente "l'injustice, le désordre et la terreur", ont réaffirmé vendredi les chefs des diplomaties française et britannique dans une tribune publiée par Le Monde et al-Hayat.

"Bachar al-Assad ne peut pas être l'avenir de la Syrie"

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"Bachar représente à la fois l'injustice, le désordre et la terreur. Et nous, France et Royaume-Uni, nous disons non aux trois", écrivent Laurent Fabius et Philip Hammond, qui s'inquiètent de "la démarche d'auto-réhabilitation" lancée selon eux par le président syrien. "Dans les médias occidentaux, il tente de profiter de l'effroi suscité par les extrémistes pour se présenter en rempart contre le chaos. Certains paraissent sensibles à ce discours: face à la terreur, disent-ils, l'injustice et la dictature seraient préférables au désordre", poursuivent les deux ministres.

Cette mise au point intervient au lendemain d'un voyage controversé de quatre élus français à Damas, qui ont pour trois d'entre eux rencontré M. Assad, qualifié de "boucher" par les autorités françaises.

La tribune de MM. Fabius et Hammond est aussi publiée alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer une reprise de contact avec le régime de Damas, afin de lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique qui occupent de grands pans du territoire syrien et font peser une menace terroriste en Europe.

"Proposer Bachar al-Assad comme solution face à l'extrémisme, c'est méconnaître les causes de la radicalisation. Après 220.000 morts et des millions de déplacés, il est illusoire d'imaginer que la majorité des Syriens consentent à se placer de nouveau sous la coupe de celui qui les martyrise", selon la tribune.

"Pour notre propre sécurité nationale, nous devons venir à bout de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique) en Syrie", reconnaissent les deux ministres. "Nous avons besoin d'un partenaire pour agir contre les extrémistes, donc d'un règlement politique négocié entre les différentes parties syriennes conduisant à un gouvernement d'unité. Celui-ci devrait réunir certaines structures du régime existant" et des représentants de l'opposition ayant de la Syrie "une vision modérée", jugent-ils.

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