Aux racines de la fronde catalane

20/12/17 à 09:45 - Mise à jour à 09:45
Du Le Vif/L'Express du 15/12/17

Riche d'une histoire mouvementée, la Catalogne s'est toujours sentie à part. Le centralisme espagnol en a fait un problème politique.

On appellera cela comme on voudra : ironie de l'histoire, tectonique des plaques. Alors que le Pays basque espagnol renoue avec la paix civile après la reddition de l'ETA, les paisibles bourgades rurales de Catalogne ont pris, à la suite du référendum illégal du 1er octobre, un faux air d'Euskadi profonde : mêmes drapeaux nationalistes pavoisant les ruelles - aux couleurs catalanes, rouge et jaune, cette fois - ; mêmes banderoles affichant les visages des " prisonniers politiques " - les responsables indépendantistes incarcérés pour " sécession ". Dans les ruelles médiévales de Verges, un village de 1 200 habitants situé dans la province de Gérone, la plus " rebelle " de Catalogne, la lecture des plaques de rue suffit à retracer la grande geste nationaliste : ici, " Francesc Cambo ", fondateur de la Ligue régionaliste de Catalogne en 1901 ; plus loin, la " place du 11-Septembre ", allusion à la prise de Barcelone par Felipe V, en 1714. A l'époque moderne, les lieux ont donné naissance au chanteur Lluis Llach, dont le tube des années 1970, L'Estaca, est très vite devenu le No pasaran ! des indépendantistes catalans. Loin de Barcelone et de ses Ramblas cosmopolites, c'est dans cette Catalogne rurale et carliste, très marquée par le franquisme, qu'est née la passion brûlante dans laquelle se consume aujourd'hui la communauté autonome. " Depuis 2010, nous réclamons pacifiquement de pouvoir voter, mais Madrid n'a jamais voulu dialoguer sur rien ", lance, amer, Ignasi Sabater Poch, 37 ans, l'édile de la commune. Des yeux noirs comme la nuit, l'air de sortir du maquis, ce prof de catalan s'est présenté aux dernières élections municipales sous l'étiquette de la CUP - le séparatisme tendance anar. L'enfant du pays résume d'une phrase le sentiment de toute la région : " Ce n'est même plus une question d'identité ; ce que l'on dénie à deux millions de Catalans, c'est la démocratie ! "
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Lisez 3 articles gratuits par mois

Je m'enregistre Je suis déjà enregistré
ou

Les abonnés du Vif/l'Express bénéficient d'un accès illimité à tous les articles sur LeVif.be

Je prends un abonnement Je suis déjà abonné

Nos partenaires