Aux Etats-Unis, débat très politique sur les attentats de Paris

14/11/15 à 16:51 - Mise à jour à 16:51

Source: Afp

Les Américains ont affiché leur solidarité avec la France après les attentats de Paris, mais la classe politique, surtout conservatrice, a immédiatement porté le débat sur le renseignement, la stratégie de Barack Obama contre les jihadistes et la crise des réfugiés.

Aux Etats-Unis, débat très politique sur les attentats de Paris

Le City Hall de San Francisco aux couleurs de la France. © REUTERS

La flèche du World Trade Center de New York, la patinoire de l'équipe de hockey de Washington, des immeubles à San Francisco, à Dallas... ont affiché les couleurs du drapeau français vendredi soir. Devant l'ambassade de France à Washington ou le consulat de New York, fleurs, bougies et bouteilles de vin ont été déposées. De Hollywood au monde du sport et au Congrès, des milliers de personnalités ont exprimé leur solidarité. Des rassemblements sont prévus samedi à Los Angeles et San Francisco, et dimanche à Houston, Chicago et Boston.

Le monde politique, démocrates et républicains, a fait part unanimement, dans des centaines de communiqués, de ses "pensées et prières" pour la France et les Parisiens, selon la formule réservée aux tragédies.

Mais en pleine campagne des primaires présidentielles, les républicains ont vu dans les attentats la validation de leurs critiques contre la stratégie supposément déficiente de Barack Obama contre le groupe Etat islamique (EI) et l'"islam radical", un terme qu'ils reprochent au président américain de ne pas utiliser.

"Nous devons reconnaître les faits", a déclaré le sénateur ultra-conservateur Ted Cruz, candidat à la Maison Blanche. "Entre l'attentat contre l'avion russe en Egypte et cette attaque massive et coordonnée à Paris, nous assistons à une escalade manifeste des ambitions de l'EI". "Nous devons immédiatement arrêter tout projet d'accueil aux Etats-Unis de réfugiés qui pourraient être infiltrés par l'EI", a-t-il conclu.

Un autre candidat, le gouverneur républicain John Kasich, a lié les attentats à la vague d'immigration vers l'Europe.

Jeb Bush, autre prétendant à la Maison Blanche, a déclaré que les attaques relançaient le débat sur le renseignement et le rôle de la NSA, l'Agence de sécurité nationale, le grand service d'écoutes mondiales des Etats-Unis. "Quelles sont nos capacités de contre-renseignement? Comment identifions-nous les attentats avant qu'ils ne se produisent? Quel est l'équilibre entre nos libertés civiques et le besoin de sécurité? Nous devons avoir une conversation sur ces sujets, car j'estime que nous avons réduit nos capacités au mauvais moment", a-t-il déclaré dans une interview radio dans le Hugh Hewitt Show.

Explicitement, les républicains critiquent le manque supposé de poigne de Barack Obama.

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