Au Chili, le forage du puits de secours a commencé

31/08/10 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Source: Le Vif

Il doit permettre d'aller chercher les 33 mineurs bloqués à 700 mètres de profondeur. L'opération durera au moins trois mois.

Au Chili, le forage du puits de secours a commencé

© Reuters

Un puissant excavateur a entamé lundi soir le forage d'un puits de secours de 700 m de profondeur pour extraire les 33 mineurs bloqués depuis 25 jours au fond d'une mine du nord du Chili, une spectaculaire opération appelée a durer trois à quatre mois.

"Les travaux ont commencé" à 22h25 locales (02h25 GMT) sur la mine d'or et de cuivre de San José, à 800 km au nord de Santiago, avec l'excavatrice géante "Strata 950" de conception australienne, a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

Le site du forage est hors de vue des familles et des médias qui n'y ont pas accès, à près d'un kilomètre sur un flanc de la mine. Le chantier progressera par étapes. L'excavateur forera d'abord un puits vertical de 15 m de profondeur, avant le percement proprement dit du puits de 702 m et 33 cm de diamètre. Enfin celui-ci sera élargi à 66 cm au moyen d'une tête dentée de l'engin.
C'est par ce conduit-là que seront extraits les mineurs, un à un, un processus qui en lui-même prendra trois à quatre jours.

Au début du forage, l'engin rejettera de la terre et de la roche vers la surface, mais ensuite, au moment de "l'élargissement, les mineurs en bas vont devoir dégager le matériau qui va chuter", a déclaré à l'AFP Jorge Sanhueza, ingénieur du groupe chilien de cuivre Codelco, encadrant les travaux.

Des mesures pour le "Jour J"

L'engin progresse d'envion 15-20 m par jour en conditions optimales. Des préparatifs sont déjà en cours pour le "Jour J" de la sortie des mineurs. Ils seront hissés par une nacelle rigide, à raison de deux heures environ par homme, selon des ingénieurs et secouristes cités par la presse chilienne.

Au moins six sauveteurs descendront au fond pour les préparer. Les mineurs auront les yeux bandés pour éviter que la lumière ne leur blesse les yeux après des mois d'obscurité. Ils porteront un vêtement spécial pour éviter un choc thermique, après avoir vécu à plus de 32 degrés, dans une humidité extrême.

Avec le forage a aussi commencé lundi une nouvelle phase de suivi médical et alimentaire pour "les 33", après une prudente réhydratation et réalimentation depuis le contact établi avec eux il y a huit jours. "Nous avons conclu avec succès la phase de récupération, pendant laquelle nous leur avons donné des médicaments, fait passer des examens, mesuré leur tension, pouls, température et tour de taille tous les jours, administré des vaccins, et donné un flux adéquat de liquides et de nutriments riches", a déclaré le ministre de la Santé Jaime Manalich.

Les mineurs devraient bénéficier a présent d'un apport de 2.000 calories par jour, acheminé par des sondes qui ont déjà effectué plus de 60 va-et-vient depuis sept jours pour transmettre aliments, vêtements, médicaments, jeux, courrier, ou mêmes patches de nicotine. Pour le ministre, il s'agit d'une mission "sans précédent dans l'histoire médicale". Une équipe de la Nasa, comprenant deux médecins, un psychologue et un ingénieur était attendue mardi sur site, pour y aider.

"La Nasa a une longue expérience de l'isolement, particulièrement dans la Station spatiale internationale (ISS)", a déclaré le chef de mission Michael Duncan, chef médecin adjoint à la direction des Sciences de la vie dans l'espace de la Nasa à Houston (Texas). "L'environnement est différent mais la réponse humaine est exactement la même", a-t-il expliqué dans une interview diffusée lundi par la Nasa. "Nous pensons de ce fait que certaines des choses que nous avons apprises dans nos recherches et activités peuvent être adaptées aux mineurs bloqués".

En surface, l'après-sauvetage est déjà évoqué. Le gouvernement dit étudier 180 offres pour reclasser des mineurs de San José et du groupe chilien San Esteban, propriétaire de la mine, qui se retrouveront sans emploi, dans les régions de Copiapo et d'Antofagasta (nord).

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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