Attentat en France : L'auteur présumé n'avait pas de casier judiciaire

26/06/15 à 11:13 - Mise à jour à 14:52

Source: Belga

Une personne a été tuée et plusieurs autres blessées dans un attentat probablement djihadiste en France, commis vendredi matin dans une usine de Saint-Quentin-Fallavier, près de Lyon (centre-est), a-t-on appris de sources concordantes. Un homme soupçonné d'être l'auteur de l'attaque a été arrêté, selon des sources proches relayées par l'AFP.

Attentat en France : L'auteur présumé n'avait pas de casier judiciaire

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L'auteur présumé de l'attentat est entré dans l'usine un drapeau islamiste à la main et il a fait sauter plusieurs bonbonnes de gaz, a indiqué une source proche du dossier.

Un premier bilan de l'attaque fait état d'un mort, retrouvé décapité sur place, et de deux blessés légers, selon une source proche de l'enquête.

Un homme décapité

"Un homme a été décapité à l'intérieur de la cour. Il ne s'agit pas d'un employé de la société", indique de son côté le quotidien français Le Dauphiné Libéré sur son site internet. "Sa tête aurait été retrouvée à plusieurs dizaines de mètres de son corps."

Par ailleurs, un autre homme a été blessé. Il s'agirait également d'une personne extérieure de la société. "On ignore pour l'instant s'il s'agit de l'auteur", rapporte-t-il encore.

Un important dispositif de sapeurs-pompiers et de gendarmerie est actuellement sur place. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, est attendu sur les lieux. L'antiterrorisme de Paris a été saisi du dossier.

Arrestation d'un homme

Un homme soupçonné d'être l'auteur ou l'un des auteurs de l'attentat a été arrêté, a appris l'AFP de sources proches du dossier. "Un individu d'une trentaine d'années connu des services de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) a été interpellé", indique de son côté le quotidien français Le Dauphiné Libéré sur son site internet.

L'auteur présumé n'avait pas de casier judiciaire, mais était fiché pour radicalisation, a indiqué Bernard Cazeneuve, ministre français de l'Intérieur. Il avait été fiché entre 2006 et 2008 par les services de renseignements pour "radicalisation". L'homme était originaire de la région, a précisé le ministre, qui l'a identifié comme étant Yassine Salhi (ndlr: orthographe non confirmé), âgé de 35 ans. Il "n'était pas fiché comme ayant voyagé en Syrie ou en Iraq" et "n'était pas connu pour être en lien avec des acteurs terroristes".

L'homme a été arrêté par un pompier du SDIS (service départemental d'incendie et de secours), dont le ministre a loué le "courage" et le "sang-froid". Les drapeaux retrouvés sur les lieux sont en cours d'analyse. Le texte qui y est inscrit "n'a pas encore été traduit", dixit Cazeneuve.

Au moins une interpellation supplémentaire

Une perquisition serait en cours au domicile de la deuxième personne interpellée qui est soupçonnée d'avoir fait du repérage près de l'usine. Selon le préfet de l'Isère Jean-Paul Bonnetain, le véhicule qui a pénétré dans l'usine disposait d'une autorisation. "On ne peut pas accéder à ces sites industriels librement. C'est un véhicule qui bénéficiait d'un agrément pour entrer sur le site en question. Donc la procédure a été respectée mais les circonstances, et l'enquête le révèlera, nous prouvent que c'est peut-être au sein même du dispositif ou de l'entreprise intervenante qu'était logée la menace", a indiqué le préfet, cité par le Monde. "La nature de l'activité de l'entreprise n'est peut être pas étrangère au choix de la cible", a-t-il encore indiqué, comme le relève le site du Dauphiné Libéré.

François Hollande s'exprime depuis Bruxelles

"La nature terroriste de l'acte ne fait aucun doute", a déclaré le président français François Hollande, depuis le Conseil européen à Bruxelles. "L'auteur a été arrêté et identifié. Toutes les dispositions sont prises pour éviter tout drame supplémentaire", a-t-il encore indiqué, précisant que ses homologues européens lui ont témoigné leur sympathie. "Nous ne devons pas céder à la peur. Nous devons faire ce que les Français attendent de nous: les protéger."

Le premier bilan de l'attaque, qui survient près de six mois après les attentats de début janvier à Paris, s'élève à un mort et deux blessés, selon des sources proches de l'enquête.

Vigilance renforcée sur tous les sites sensibles de la région lyonnaise

Le Premier ministre français Manuel Valls a ordonné de "mobiliser immédiatement" les forces de l'ordre pour assurer "une vigilance renforcée" de "tous les sites sensibles" de la région de Lyon (centre-est).

Des pompiers et des gendarmes ont été déployés autour de l'entreprise du groupe américain Air Products qui fournit des gaz industriels et des produits chimiques. Selon diverses sources, une voiture aurait foncé sur des bonbonnes de gaz, stockées à proximité du bâtiment. Une explosion s'est produite sans que l'on sache si elle est directement liée au choc avec le véhicule.

Une quarantaine de salariés de ce site classé Seveso a été évacuée, indique pour sa part France Info, qui précise que la qualification d'attentat n'a pas été officiellement utilisée par les autorités.

Reynders exprime son horreur devant cette attaque aux méthodes inédites en Europe

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a exprimé vendredi son sentiment d'horreur devant l'attentat perpétré en France. Il a présenté ses condoléances aux familles et aux proches des victimes ainsi qu'au personnel de l'entreprise et au gouvernement français.

"C'est un sentiment d'horreur que l'on éprouve à l'annonce d'un attentat aussi dramatique, une attaque terroriste comme celle-là, avec des méthodes que l'on n'avait jamais vues en Europe", a expliqué M. Reynders qui se trouve actuellement à Shenzen dans le cadre de la visite d'Etat du roi en Chine.

La Belgique se tient prête à coopérer avec les autorités françaises dès qu'elles lui en adresseront la demande, a-t-il précisé. Le chef de la diplomatie n'a pas voulu se prononcer à cette heure sur les conséquences en Belgique de cet attentat dont les circonstances ne sont pas encore connues avec précision.

L'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace (OCAM) évalue en permanence la situation, a-t-il rappelé.

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