Attaque dans une discothèque d'Istanbul : ce que l'on sait

01/01/17 à 16:52 - Mise à jour à 16:51

Source: Afp

Trente-neuf personnes, dont un Belgo-Turc, ont été tuées et 65 blessées dans une attaque contre une célèbre discothèque d'Istanbul où plusieurs centaines de personnes fêtaient le réveillon du Nouvel an, dans la nuit de samedi à dimanche.

Attaque dans une discothèque d'Istanbul : ce que l'on sait

© REUTERS

L'attaque

A 01h15 dimanche, un assaillant armé d'un fusil d'assaut surgit devant la boîte de nuit Reina, au coeur d'Istanbul, et ouvre le feu sur les personnes qui se trouvent à l'entrée, selon le gouverneur d'Istanbul Vasip Sahin. Un policier et un civil sont tués.

Après avoir pénétré dans la discothèque, l'assaillant tire au hasard sur la foule, semant la panique et la mort. Selon la chaîne d'information NTV, plusieurs personnes ont plongé dans le Bosphore pour échapper aux coups de feu.

Selon le dernier bilan provisoire des autorités, 39 personnes, dont au moins 15 étrangers, ont été tuées et 65 blessées. Un Belgo-Turc fait partie des victimes, ont confirmé les Affaires étrangères belges.

"D'une façon sauvage et impitoyable, il a mitraillé des personnes qui étaient simplement venues célébrer le Nouvel An", a déclaré M. Sahin.

L'assaillant

Les autorités turques ont lancé une chasse à l'homme pour capturer l'assaillant qui est parvenu à s'enfuir en "profitant de l'anarchie" semée dans la discothèque, selon le Premier ministre Binali Yildirim.

Ce dernier a qualifié d'"infondées" les informations de presse selon lesquelles l'assaillant était déguisé en père Noël, ajoutant que l'agresseur avait laissé son arme sur les lieux.

Des témoins cités par l'agence de presse Dogan ont rapporté l'avoir entendu s'exprimer en arabe, mais cela n'a pas été confirmé par les autorités.

Le lieu

Le Reina est une emblématique discothèque d'Istanbul, située à Ortaköy, un quartier du district de Besiktas, sur la rive européenne de la ville.

Selon Dogan, elle accueillait au moins 700 personnes venues célébrer le passage à la nouvelle année.

Cette discothèque huppée où les entrées sont filtrées, est située à quelques centaines de mètres de l'endroit où avaient eu lieu les célébrations officielles du Nouvel An, au bord du Bosphore.

Le contexte

L'attaque n'a pas encore été revendiquée, mais la Turquie a été la cible de nombreux attentats attribués à l'EI ou liés à la rébellion séparatiste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont notamment frappé Istanbul et Ankara.

Pourtant, après une année 2016 sanglante, les autorités turques étaient sur leurs gardes en ce jour de réveillon et 17.000 policiers avaient été déployés en ville.

Membre de la coalition internationale qui combat l'EI en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les jihadistes vers le Sud, mais aussi les milices kurdes syriennes. Des rebelles syriens soutenus par l'armée turque assiègent depuis plusieurs semaines la ville d'Al-Bab, un fief de l'EI dans le nord de la Syrie.

En réaction à ces opérations militaires, l'EI a à plusieurs reprises menacé d'attentats la Turquie, devenue une des principales cibles des jihadistes.

Les réactions

L'attaque a suscité une vague de réactions indignées dans le monde.

La Maison Blanche a ainsi condamné une "horrible" attaque. "De telles atrocités perpétrées sur des innocents venus pour la plupart célébrer le Nouvel An soulignent la sauvagerie des assaillants", a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

"Il est difficile d'imaginer crime plus cynique que de tuer des civils pendant la célébration du Nouvel An. Nous avons tous le devoir de combattre avec détermination les agressions terroristes", a affirmé le président russe Vladimir Poutine dans un message de condoléances à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

"C'est avec une grande tristesse que j'ai appris la nouvelle", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, dimanche. "Il est de notre responsabilité commune de lutter contre le terrorisme", a-t-il ajouté, assurant la Turquie "du soutien de l'Union européenne dans cette épreuve".

"Malheureusement, la violence a encore frappé dans cette nuit de voeux et d'espoir", a déploré pour sa part le pape François, devant quelque 50.000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, à l'occasion de ses voeux pour la nouvelle année.

"Triste, j'exprime ma proximité avec le peuple turc", a assuré le pape argentin, ajoutant qu'il priait pour "les nombreux victimes et blessés".

Nos partenaires