Assad : le dialogue échouera tant qu'il y a des "groupes terroristes"

10/03/12 à 11:42 - Mise à jour à 11:42

Source: Le Vif

Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé samedi en recevant à Damas l'émissaire international Kofi Annan que le dialogue ne peut réussir tant qu'il y a des "groupes terroristes" en Syrie, où le régime réprime dans le sang la révolte depuis un an.

Assad : le dialogue échouera tant qu'il y a des "groupes terroristes"

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"Tout dialogue ou processus politique ne peut réussir tant qu'il y a des groupes terroristes qui oeuvrent pour semer le chaos et la déstabilisation en s'attaquant aux civils et aux militaires", a déclaré le président syrien lors de sa rencontre avec M. Annan venu négocier un cessez-le-feu, a rapporté l'agence officielle Sana.

Damas attribue les violences à des "groupes terroristes" depuis le début de la contestation en mars 2011. "La Syrie est prête à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution" à la crise, a toutefois assuré le président Assad.

Mais "le succès de tout effort requiert en premier d'examiner ce qui se passe sur le terrain au lieu de se baser sur des suppositions que propagent certains pays de la région et autres pour déformer les réalités et donner une image différente de la situation en Syrie", a-t-il jugé.

Rencontre "positive" entre le président Assad et Annan

La rencontre entre le président syrien Bachar al-Assad et l'émissaire international Kofi Annan samedi à Damas se déroulait dans une "ambiance positive", a rapporté la télévision d'Etat syrienne.

La rencontre entre Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, et Bachar al Assad a débuté ce samedi à Damas, où l'ex-secrétaire général des Nations unies doit exhorter le président syrien à cesser le feu et à trouver une solution politique au conflit qui dure depuis un an en Syrie et a fait plusieurs milliers de morts.

Selon la chaîne, "une ambiance positive règne sur la rencontre entre le président Assad et l'émissaire du chef de l'ONU Kofi Annan", venu négocier un cessez-le-feu dans les violences qui ont fait des milliers de morts en un an.

La venue de Kofi Annan n'a pas conduit l'armée syrienne à ralentir sa répression puisque qu'au moins 72 personnes ont été tuées dans la journée de vendredi alors que les militaires étendent leur contrôle sur Homs et tentent d'écraser l'opposition armée à Idlib dans le nord du pays.

Selon des sources aéroportuaires, l'avion le transportant depuis Le Caire s'était posé deux heures plus tôt environ à l'aéroport de Damas. Le début de ses entretiens avec Assad a été annoncé par la télévision d'Etat syrienne. Le diplomate ghanéen a appelé jeudi à l'ouverture d'un dialogue entre le régime d'Assad et l'opposition, mais les opposants ont rétorqué que cela reviendrait à donner du temps aux forces gouvernementales pour les écraser.

"Nous ferons tout notre possible pour appeler et pousser à la cessation des hostilités et à la fin du bain de sang et de la violence", a-t-il dit. "J'espère que personne ne songe sérieusement à recourir à la force dans cette situation. Je crois qu'accroître la militarisation ne ferait qu'aggraver la situation."

A New York, son successeur à la tête de l'Onu, Ban Ki-moon, a indiqué qu'il l'avait "très fortement exhorté à assurer qu'il doit y avoir un cessez-le-feu immédiat".

Kofi Annan, qui quittera la Syrie dimanche, doit aussi rencontrer des représentants de l'opposition syrienne. Mais les dissidents syriens ont déjà rétorqué que le temps du dialogue était révolu et que cela reviendrait simplement à donner du temps aux forces gouvernementales pour les écraser. M. Ban a fait état de "trois priorités" pour la mission Annan: "un cessez-le-feu immédiat", "une solution politique globale" et "un accès et une aide humanitaires".

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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