Arrestation en Belgique d'une membre présumée de l'ETA

09/10/13 à 07:42 - Mise à jour à 07:42

Source: Le Vif

Une membre présumée d'un commando de l'organisation séparatiste basque ETA accusé de plusieurs assassinats, et en fuite depuis 1979, a été arrêtée mardi en Belgique, a annoncé le ministère espagnol de l'Intérieur.

Arrestation en Belgique d'une membre présumée de l'ETA

© Reuters

Maria Natividad Jauregui Espina, alias "Pepona", née à Saint Sébastien en 1958, a été interpellée à Gand à 18H30 (16H30 GMT) dans le cadre de deux mandats d'arrêt européens, l'un pour "assassinat" et l'autre pour "terrorisme", a affirmé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Elle fut membre "du commando Vizcaya entre janvier et juillet 1981 et responsable, avec le reste de ses membres de diverses actions terroristes dirigées contre les forces de sécurité de l'État", selon cette source.

Cette femme, en fuite depuis 1979, "a participé à plusieurs attentats terroristes dans lesquels ont été assassinés deux policiers, deux gardes civils et deux militaires, en plus de provoquer des blessures graves à plusieurs agents de forces de sécurité", ajoute-t-il.

Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, elle "est liée à l'assassinat commis en mars 1981", dans un quartier de Bilbao, d'un sous-commissaire de la police qui avait été tué à bout portant d'une balle dans la nuque.

Maria Natividad Jauregui Espina a, plusieurs jours plus tard, "tiré, avec un autre membre du commando Vizcaya, sur un lieutenant-colonel de l'armée qui est décédé de ses blessures", ce qui lui a valu le mandat d'arrêt pour assassinat, toujours selon le ministère. Le mandat d'arrêt pour "terrorisme" avait été lancé pour le mitraillage en juin 1981 d'une patrouille de la garde civile à Bilbao où plusieurs agents avaient été gravement blessés, selon cette source.

Auparavant, "Pepona" et les autres membres du commando avait, en mai 1981, fait exploser un engin sur le passage d'une patrouille de la garde civile, tuant deux agents, ajoute le ministère. Et en avril, le commando avait également attaqué un convoi de la police nationale, tuant un policier et en blessant gravement deux autres, selon cette source.

L'ETA, classée organisation terroriste par l'Union européenne et les États-Unis, est considérée comme responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Très affaiblie après de nombreuses arrestations dans ses rangs, l'organisation basque avait annoncé le 20 octobre 2011 qu'elle mettait fin définitivement à la violence.

Mais le groupe refuse depuis de déposer les armes et de se dissoudre, dénonçant le refus de l'Espagne et de la France d'ouvrir des négociations, en particulier sur le sort de ses quelque 600 militants détenus dispersés dans des prisons des deux pays.

Madrid a décidé de maintenir sa ligne dure face à l'ETA, refusant toute négociation sur les prisonniers. Plusieurs membres présumés de l'ETA ont été arrêtés ou extradés en provenance de pays étrangers vers l'Espagne ces derniers mois.

Le 30 septembre, un coup de filet de la Garde civile dans plusieurs villes basques a décapité Herrira, créé le 5 février 2012 et considéré comme le successeur des groupes de défense des prisonniers Askatasuna et Gestoras pro Amnistia, interdits en Espagne car jugés proches du groupe indépendantiste armé ETA.

Les 18 militants interpellés avaient été inculpés d'appartenance à groupe armé, apologie et financement du terrorisme, puis remis en liberté, quatre d'entre eux contre paiement d'une caution.

En réponse, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi dans la ville basque de Bilbao, dans le nord de l'Espagne, pour "les droits des prisonniers et des exilés basques".

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