Après 30 ans, le Pérou lève l'état d'urgence dans les zones de guérilla

28/06/15 à 11:05 - Mise à jour à 11:05

Source: Belga

Le président péruvien Ollanta Humala a annoncé samedi avoir levé l'état d'urgence en vigueur depuis 30 ans dans l'Alto Huallaga (nord), province amazonienne réputée pour la culture illégale de coca et ancien refuge de la guérilla maoïste du Sentier Lumineux (SL).

Après 30 ans, le Pérou lève l'état d'urgence dans les zones de guérilla

© BELGAIMAGE

"Nous levons l'état d'urgence en vigueur depuis 30 ans", a déclaré M. Humala, quelques heures après que la police a annoncé la saisie de logistique ayant appartenu au SL dans cette zone. La fin de l'état d'urgence signifie la fin des restrictions des droits fondamentaux des personnes comme l'inviolabilité du domicile ou la liberté de réunion et de se déplacer pour les habitants de l'Alto Huallaga, dans la forêt péruvienne, qui comprend les régions de Huanuco et de San Martin.

Le conflit entre la guérilla du Sentier Lumineux, notamment, et le gouvernement a ravagé le Pérou entre 1980 et 2000, causant la mort de 70.000 personnes et la disparition de 15.000 autres. Le Sentier Lumineux a été jugé responsable de la mort de 54% des victimes, selon les conclusions de la Commission de la Vérité et la Réconciliation (CVR) en 2003. La guérilla a été démantelée au milieu des années 1990. Ses principaux leaders, dont le fondateur du mouvement maoïste Abimael Guzman, purgent des peines de prison à perpétuité.

En octobre 2014, les restes de 80 victimes tuées dans la région d'Ayacucho avaient été rendus à leur famille, après plus de quatre ans d'analyses d'une équipe médico-légale destinées à identifier les personnes. La même équipe a conduit 28 enquêtes dans les régions de Ayacucho et Huancavelica, épicentre des violences, liées à des poursuites pénales dans des cas de violations des droits de l'homme. Selon ces enquêtes, les meurtres ont été commis entre 1984 et 1991 par des membres du Sentier Lumineux mais aussi par des membres de l'armée et de la police qui accusaient les paysans de la région d'être complices de la guérilla.

En savoir plus sur:

Nos partenaires