Amnesty International fait son bilan de la justice sociale dans le monde

27/05/10 à 10:10 - Mise à jour à 10:10

Source: Le Vif

L'ONG internationale de défense des droits humains a tiré un bilan plutôt mitigé de l'année 2009, n'hésitant pas à mouiller les grandes puissances, mais reconnaissant des "mieux" à certains niveaux.

Amnesty International fait son bilan de la justice sociale dans le monde

© Reuters

La justice mondiale comporte une faille qui condamne des millions de personnes à subir des atteintes aux droits humains, selon le rapport annuel d'Amnesty International (AI) présenté mercredi après-midi à Bruxelles et dans lequel est passée au crible la situation en matière de droits de l'Homme dans 159 pays et territoires en 2009.

"Il existe une faille dans la justice au niveau mondial qui ne fait que s'agrandir sous l'effet de la politique des Etats les plus puissants qui se mettent au dessus des lois en protégeant leurs alliés et en n'agissant que lorsqu'ils en tirent un avantage politique", devait déclarer en substance le directeur d'Amnesty Belgique francophone, Philippe Hensmans.

Une liste non exhaustive de griefs

- Des pays importants qui n'ont pas encore souscrit à la cour pénale internationale. Sept pays du G20, dont la Chine et les Etats-Unis, n'ont pas encore souscrit à la Cour pénale internationale (CPI) tandis que d'autres grandes puissances siégeant au Conseil de sécurité de l'ONU faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour qu'aucune suite ne soit réservée au rapport Goldstone qui mettait en exergue les exactions commises de part et d'autre lors de la guerre à Gaza (entre Israël et le mouvement islamiste Hamas), a souligné M. Hensmans.

- En finir avec les abus du passé. Un plus grand respect dans les droits humains passe aussi par la fin des violations héritées du passé. Or, force est de constater, a noté M. Hensmans que la prison de Guantanamo que le président américain Barack Obama s'était engagé à fermer dans les plus brefs délais, est toujours ouverte. Et de poursuivre en citant les exemples de la prison de Bagram en Afghanistan et les nombreuses atteintes aux droits et libertés fondamentaux dans le cadre de la lute contre le terrorisme.

- La répression des dissidents et minorités. Amnesty pointe également dans son rapport 2009 des pays comme la Chine qui a accentué la répression à l'encontre des défenseurs de la liberté d'expression ou de certaines de ses minorités comme les Ouighours ou encore la Russie avec l'assassinat de la militante des droits de l'Homme Natalia Estemirova.

- Des populations civiles à protéger. Amnesty International souligne d'autre part que les violences à l'encontre des populations civiles se sont poursuivies dans le monde entier en 2009. Et de citer notamment le conflit qui a opposé le gouvernement sri-lankais aux rebelles tamouls.

- Trop de pauvreté. Amnesty rappelle aussi que 1,4 milliard d'êtres humains vivent sous le seuil de pauvreté et que ceux-ci ne se voient pas reconnus leurs droits à la santé, à l'éducation et au logement. Et de citer en exemple la situation toujours préoccupante des Roms en Europe centrale et de l'Est ou encore celle des migrants d'une manière plus générale.

- Droits des femmes. L'organisation de défense des droits de l'Homme rappelle d'autre part que 500.000 femmes (soit une femme toute les 90 secondes) meurent chaque année de complications liées à leur grossesse qui découlent elles-même d'atteintes aux droits fondamentaux de la personne (avortement interdit par la loi même en cas de grossesse extra-utérine, mariages précoces...).

Egalement dénoncées par Amnesty, les discriminations dont sont victimes les personnes en raison de leur orientation sexuelle.

Quelques points positifs

Mais 2009 a également connu des avancées importantes en matière de droit international comme le mandat d'arrêt émis à l'encontre du président soudanais Omar El Béchir même si, déplore Amnesty, la solidarité régionale a été privilégiée au détriment de la justice internationale. Et de citer encore le cas du président péruvien Alberto Fujimori condamné à 25 ans de prison pour violations graves des droits humains.

Enfin, Amnesty réclame que les droits de l'Homme soient au coeur des préoccupations lors du prochain sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui aura lieu du 20 au 22 septembre 2010 à New York.

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