Amina quitte Femen et accuse le groupe d'islamophobie

20/08/13 à 14:47 - Mise à jour à 14:47

Source: Le Vif

La militante tunisienne Amina Sboui, libérée début août après deux mois et demi de détention, a annoncé mardi quitter le groupe féministe Femen, qu'elle accuse d'islamophobie et de financement opaque, pour se rapprocher du mouvement tunisien "Feminism Attack". Les Femen ripostent, et estiment qu'elle "fait le jeu des islamistes".

Amina quitte Femen et accuse le groupe d'islamophobie

© Reuters

Il n'y a pas que les Femen en Tunisie pour défendre les valeurs féministes. C'est ce que démontre ce mardi Amina Sboui en quittant le mouvement aux seins nus: elle explique son départ au Huffington Post Maghreb par les relents "islamophobes" du mouvement, tout en prônant un autre courant dénommé "Feminism Attack".

La lycéenne s'était rendue célèbre en mars sous le pseudonyme d'Amina Tyler en publiant sur internet des photos seins nus et en se revendiquant des Femen, ce qui lui avait valu des menaces de la mouvance salafiste. La jeune tunisienne de 19 ans se dit désormais "anarchiste" après avoir publié le 15 août une nouvelle photo d'elle seins nus mais, cette fois-ci, "avec le A cerclé", le symbole de cette mouvance.

Il faut respecter la religion de chacun

Amina reproche aux Femen de l'avoir instrumentalisée
La militante tunisienne, libérée début août après deux mois et demi de détention, accuse également les Femen d'un manque de transparence au niveau de leurs finances et de l'avoir instrumentalisée.

"Je n'ai pas apprécié l'action où les filles criaient 'Amina Akbar, Femen Akbar' (une parodie de prière, ndlr) devant l'ambassade de Tunisie en France", a-t-elle confié à l'édition maghrébine du site d'information Huffington Post. "Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun", a-t-elle ajouté.
Amina avait été arrêtée en possession d'une bombe lacrymogène après avoir peint le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière de Kairouan (150 km au sud de Tunis) dans le but de dénoncer un rassemblement salafiste interdit par les autorités tunisiennes. Près de deux mois d'emprisonnement ont suivi.

La riposte des Femen

En apprenant le départ d'Amina du mouvement, les Femen ont aussitôt répliqué sur Twitter, l'accusant de mentir. Leur leader, Inna Shevchenko, écrit: "J'aurais aimé qu'Amina s'en aille plus intelligemment. C'est bien de partir, elle n'est pas la seule à avoir abandonné, mais ce n'est pas bien de mentir à propos de celles qui vous ont soutenu".

Interrogée par le Huffington Post, Inna Shevchenko ajoute: "Certaines militantes Femen quittent le mouvement après leur premier séjour en prison, Amina n'est pas la seule à avoir abandonné sous la pression". Et de préciser, qu'avec cette décision, Amina "fait le jeu des islamistes".

Qui sont les membres du "Feminism attack"?

La jeune tunisienne revendique son côté "anarchique" dont le "Feminism attack" est adepte. Les féministes de ce groupe tunisien ne se mettent pas seins nus pour manifester leur colère mais taguent sur des murs symboliques le nom de leur groupe "Feminism Attack".

Les trois activistes du groupe, Sana Chamekh, Abir (alias Vladimir Leonov) et Ines Zaghdoudi s'affirment tout autant acharnées et combatives que les Femen dans le but d'améliorer la condition de la femme dans le pays.

Elles ont d'ailleurs été interpellées après avoir tagué "A bas le ministère du harem du Sultan", sur les murs du ministère des Affaires de la femme dimanche 21 juillet, avant d'être relâchées puis soignées à l'hôpital des suites de leurs blessures.

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