Ambassade américaine à Jérusalem: Ryad met en garde contre la "colère des musulmans"

05/12/17 à 21:22 - Mise à jour à 22:03

Source: Afp

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a mis en garde mardi les Etats-Unis contre le transfert de leur ambassade à Jérusalem affirmant qu'une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans".

Ambassade américaine à Jérusalem: Ryad met en garde contre la "colère des musulmans"

Donald Trump et le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud au sommet de Ryad en mai dernier. © REUTERS/Jonathan Ernst

"C'est un pas dangereux", a dit le roi saoudien, estimant lors d'un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump qu'une telle décision pourrait entraîner "la colère des musulmans dans tout le monde", a rapporté la télévision d'Etat al-Ekhbariya.

L'Arabie saoudite est un vieil allié des Etats-Unis et M. Trump a été reçu avec faste en mai dans le royaume pour son premier déplacement présidentiel à l'étranger.

Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus sensibles du conflit israélo-palestinien. La communauté internationale n'a jamais reconnu la ville sainte comme capitale d'Israël, ni l'annexion de sa partie orientale par l'Etat hébreu, si bien que les ambassades étrangères sont installées à Tel-Aviv.

Donald Trump a multiplié mardi les échanges avec les dirigeants du Proche-Orient, réaffirmant sa volonté de transférer l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem sans cependant dévoiler complètement son jeu.

Il a informé le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie de son "intention" de procéder à ce transfert controversé contre lequel nombre de pays de la région sont opposés.

Le Congrès américain avait adopté en 1995 le Jerusalem Embassy Act appelant les Etats-Unis à déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, "capitale de l'Etat d'Israël".

La loi est contraignante pour le gouvernement américain. Mais une clause permet aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont systématiquement actionné la clause tous les six mois.

Hamas: "toutes les lignes rouges" sont franchies

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a estimé mardi que "toutes les lignes rouges" étaient franchies avec l'intention proclamée par Donald Trump de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le Hamas a appelé les Palestiniens des Territoires à manifester vendredi, proclamé, selon une expression consacrée, "journée de colère".

"Avec la reconnaissance par l'administration américaine de Jérusalem occupée comme la capitale de l'occupant, et avec le déménagement de son ambassade, toutes les lignes rouges sont franchies", a déclaré le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh dans une lettre adressée aux dirigeants arabes et musulmans et publiée par le mouvement islamiste.

Le déménagement de l'ambassade signale une "dangereuse escalade", a-t-il dit. Il a accusé M. Trump de chercher à couvrir l'entreprise du gouvernement israélien consistant selon lui à "judaïser" Jérusalem.

Sissi craint que le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem complique la situation

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays est un proche allié des Etats-Unis, a affirmé mardi que l'intention de Donald Trump de transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem risquait de "compliquer" la situation dans la région.

Donald Trump a multiplié mardi les échanges avec les dirigeants du Proche-Orient, réaffirmant sa volonté sur ce transfert.

A l'occasion d'un entretien téléphonique avec M. Trump, M. Sissi a souligné "la nécessité de ne pas compliquer la situation dans la région en prenant des mesures qui compromettent les chances de paix au Proche-Orient", a indiqué le porte-parole de la présidence, Bassem Radi, dans un communiqué.

Le chef de l'Etat a ainsi affirmé "la position constante de l'Egypte sur le maintien du statut juridique de Jérusalem dans le cadre des normes internationales et des résolutions de l'ONU", a-t-il dit.

L'ONU ne reconnaît pas l'annexion par Israël de Jérusalem-Est, qu'elle considère comme territoire occupé. Le statut final de Jérusalem doit être, selon elle, négocié entre les parties.

D'après l'Autorité palestinienne, M. Trump a eu aussi un échange avec le président palestinien Mahmoud Abbas qui a prévenu le président américain du danger que cette décision faisait courir sur le processus de paix israélo-palestinien.

Le roi du Maroc "profondément préoccupé"

Le roi du Maroc Mohammed VI a exprimé mardi sa "profonde préoccupation" face à l'intention de Donald Trump de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, selon l'agence marocaine MAP.

Le roi marocain, président du "Comité Al-Qods" (Jérusalem en arabe) issu de l'Organisation de la coopération islamique a, dans un message au président américain, fait part de la "grande inquiétude des Etats et peuples arabes et musulmans" sur l'intention de l'administration américaine "de reconnaître Al-Qods comme capitale d'Israël et d'y transférer l'ambassade des Etats-Unis".

Le roi Mohammed VI est présenté comme descendant du prophète Mahomet et comme le "Commandeur des croyants".

Selon le souverain marocain, "ce pas est susceptible d'avoir un impact négatif sur les perspectives d'une solution juste et globale au conflit palestino-israélien".

Le président américain a informé mardi le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi jordanien Abdallah II de son intention de transférer l'ambassade américaine à Jérusalem.

M. Trump doit s'exprimer mercredi sur le statut de Jérusalem, selon la Maison Blanche.

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