Allemagne-France: les points de friction se multiplient

08/05/18 à 10:04 - Mise à jour à 10:03

Source: Afp

La France et l'Allemagne comptent présenter en juin une feuille de route commune pour des réformes de l'Europe post-Brexit, mais la liste de leurs divergences s'allonge, malgré les efforts de La France qui a réduit son déficit.

Allemagne-France: les points de friction se multiplient

Angela Merkel et Emmanuel Macron © REUTERS

Emmanuel Macron veut une intégration plus poussée des 19 pays de la zone euro: doter ce sous-groupe de l'Union européenne d'un budget et de recettes fiscales spécifiques. Le président français avait évoqué aussi l'idée d'un "parlement de la zone euro" et d'un "ministre des Finances" de la zone euro. Mais depuis quelques mois Paris ne les mentionne plus, en raison de l'opposition de ses partenaires, Allemagne comprise. Il souhaite aussi une convergence des taux d'impôt sur les sociétés des pays européens. Paris veut enfin une réforme du mécanisme européen de stabilité qui aide les pays de la zone euro en grande difficulté.

L'Allemagne appelle à privilégier les "efforts nationaux" pour respecter le pacte de stabilité (déficit à 3%, déficit structurel à 1%, dette inférieure à 60% du PIB) et craint que les propositions françaises n'aboutissent à mutualiser les dettes en zone euro et accroissent trop la contribution allemande au budget de l'UE. Elle a l'appui de huit pays du nord de l'Europe, Pays-Bas en tête, ouvertement opposés au projet français. Pays-Bas, Luxembourg et Irlande, champions des avantages fiscaux, s'opposent en outre à une harmonisation fiscale.

Union bancaire

Angela Merkel refuse la création d'un fonds européen de garantie bancaire des dépôts des particuliers, du moins dans l'immédiat. Berlin souhaite en effet que "les banques de tous les pays de la zone euro, principalement en Italie ou en Grèce, soient assainies au niveau national avant d'envisager une garantie européenne commune", alors que Paris plaide pour une gestion commune des faillites des banques dès que possible.

Trajectoire budgétaire

L'Allemagne vient de présenter un projet de budget d'austérité, qui réduit les investissements publics à partir de 2020 ainsi que la part du PIB consacré à la défense sous les 1,3%, alors que la France prévoit de consacrer 2% de son PIB à sa défense pour compenser un désengagement américain de l'Otan.

Grèce

Les Allemands s'opposent à la proposition française de lier de manière automatique le remboursement de la dette à la croissance.

Commerce UE-USA

Face aux menaces américaines de taxes douanières sur l'acier et l'aluminium en Europe, France et Allemagne s'opposent sur la réponse à donner à Donald Trump. Paris veut rester ferme mais Berlin, qui a le plus à perdre dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, est prêt à accepter des concessions sur d'autres produits, comme le réclame Donald Trump, en renégociant le "paquet" de 1994 sur le commerce Etats-Unis-Europe. La France craint que ne soient alors pénalisées ses exportations agricoles.

Taxation des Gafa

La France pousse à taxer les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) sur leur chiffre d'affaires mais le nouveau ministre allemand de l'Economie Olaf Scholz est désormais silencieux sur ce point.

Immigration

Angela Merkel continue de plaider pour une solidarité européenne avec une répartition de l'effort d'accueil par pays, mais la France est réticente et ne parle pas de "quotas". La Commission s'est fixé pour objectif d'arriver à un accord sur une politique migratoire durable lors du sommet européen des 28 et 29 juin.

Listes transnationales

En février, sous l'influence des députés allemands de la CDU-CSU, le parti d'Angela Merkel, le Parlement européen a rejeté la proposition française de créer des listes transnationales pour les prochaines élections européennes de 2019.

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