Algérie: 41 otages occidentaux

16/01/13 à 16:56 - Mise à jour à 16:56

Source: Le Vif

Quarante et un occidentaux, dont 7 Américains, ont été pris en otage mercredi sur un site gazier de l'est de l'Algérie, a affirmé un porte-parole du groupe islamiste qui les a enlevés, cité par deux sites d'informations mauritaniens, Agence Nouakchott information et Sahara Medias.

Algérie: 41 otages occidentaux

© AFP

Un groupe islamiste armé a attaqué un site gazier de BP dans le sud-est de l'Algérie, ce mercredi et pris plusieurs otages: 41 selon un groupe djihadiste qui revendique l'assaut, dont 7 Américains, mais aussi des Français, des Britanniques, des Japonais et un norvégien.
L'attaque a eu lieu dans 'une base de vie du site de Tiguentourine près d'In Amenas, à proximité de la frontière avec la Libye, à 1500 km au sud d'Alger. Contrairement à ce qu'affirmait l'un des ravisseurs par téléhone plus tôt à l'AFP, - "Nous sommes membres d'al-Qaïda et nous sommes venus du nord du Mali. Nous appartenons à la brigade Khaled Aboul Abbas", alias Mokhtar Belmokhtar, a-t-il dit, en rappelant que Belmokhtar avait "menacé de riposter à toute intervention militaire au Mali" - l'attaque et la prise d'otages n'ont pas été menées par des combattants d'al-Qaïda venus du nord du Mali.

Le ministre algérien de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, déclarait mercredi soir que "le groupe terroriste qui a attaqué la base de vie n'est entré ni du Mali, ni de Libye", en précisant qu'il s'agissait d'un groupe d'"une vingtaine d'hommes issus de la région".

Le ministre a en outre précisé que les ravisseurs provenaient de la brigade de Mokhtar Benmokhtar al-Moulathamine. Surnommé "le Borgne", Belmokhtar est un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a introduit dans le nord du Mali.

Selon l'agence mauritanienne Sahara Médias, réputée pour être proche des réseaux djihadistes du Sahel un responsable de la Katiba "Al Moulathamine", explique que cette opération terroriste a été organisée en représailles contre l'Algérie qui a autorisé le survol de son territoire par les avions militaires français dans le cadre de l'intervention au Mali.

Le chargé de relations presse de la Katiba affirme détenir au moins 41 otages

Deux personnes ont été tuées et six autres blessées, dont deux étrangers, lors de cet assaut, a annoncé l'agence nationale algérienne APS. Selon le site Algérie-Focus, une trentaine d'assaillants occupent toujours le site, où travaillent habituellement quelque 600 travailleurs. "La majorité des employés algériens ont été libérés mercredi matin. Mais un nombre important de travailleurs étrangers sont retenus encore en otages", complète Algérie-Focus. Les travailleurs libérés indiquent que parmi les ravisseurs, plusieurs d'entre eux auraient un accent étranger, ajoute le site. Un accent libyen selon une source citée par le journal algérien El Watan.

Un peu plus tôt, El Watan avait indiqué que les otages comprenaient deux Français et un Japonais, travaillant avec le groupe JGC (Japan Gas Corp). L'agence Reuters, parlait de son côté de 5 Japonais et un Français. L'attaque se serait produite vers 2h30 du matin, selon le site Dernières nouvelles d'Algérie (DNA). Il s'agit de la première contre une base pétrolière dans le sud du pays depuis une dizaine d'années.

Cette attaque intervient moins d'une semaine après le déclenchement d'une intervention française au Mali contre des groupes islamistes armés.

L'Algérie, confrontée de longue date à la présence de groupes islamistes armés

L'Algérie est confronté à la présence de groupes djihadistes depuis de nombreuses années. Les autorités algériennes ont tout fait pour éloigner ces groupes le plus possible de la capitale, expliquait Mathieu Guidère à L'Express en juillet dernier. "Aqmi, héritier du Groupe salafiste pour la prédication et le combat -GSPC, est principalement composé d'Algériens, et les chefs des trois brigades sont Algériens. Le groupe terroriste a progressivement été repoussé vers le sud, dans le désert. La présence de la branche maghrébine d'Al Qaïda dans le nord du Mali est le résultat de cette politique d'endiguement. C'était d'ailleurs le principal reproche que faisait à l'Algérie l'ancien président malien Amadou Toumani Touré, renversé en mars 2012 par un coup d'Etat. Il estimait que la menace d'Aqmi, qui a fait de l'Adrar des Ifoghas dans le nord du Mali sa base de repli, était l'exportation du terrorisme algérien vers son pays parle voisin du nord. "

Des ravisseurs origianaires ni du Mali ni de Libye

Les auteurs de cette prise ne sont venus ni de Libye ni du Mali,

Un assaillant joint par téléphone avait auparavant affirmé à l'AFP que les ravisseurs étaient des membres d'Al-Qaïda, venus du Mali,
appartenant à la brigade de Mokhtar Belmokhtar. Il avait rappelé que
Belmokhtar avait "menacé de riposter à toute intervention militaire
au Mali".




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