Alep replonge dans l'enfer des raids aériens russes

11/10/16 à 15:20 - Mise à jour à 15:19

Source: Afp

Au moins 12 civils ont été tués dans l'attaque aérienne russe la plus violente depuis plusieurs jours sur les quartiers rebelles d'Alep, alors que cinq écoliers périssaient dans une attaque rebelle dans le sud de la Syrie.

Alep replonge dans l'enfer des raids aériens russes

© Reuters

Après un calme relatif pendant le week-end, des avions russes ont de nouveau mené des raids intensifs sur des quartiers rebelles de la deuxième ville de Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)

Cette attaque survient sur fond d'impasse diplomatique totale, la communauté internationale se montrant incapable de s'entendre sur une initiative pour faire cesser le bain de sang.

Illustrant ces désaccords, le président russe Vladimir Poutine, grand allié du régime de Damas, a annulé sa prochaine visite à Paris, trois jours après le veto russe sur une résolution française à l'ONU appelant à un cessez-le-feu à Alep.

Dans la métropole meurtrie, au moins 12 civils, dont quatre enfants, ont péri dans les bombardements, selon un premier bilan de l'OSDH.

"Il s'agit des raids aériens russes les plus violents depuis que le régime a annoncé une réduction des bombardements sur la partie orientale d'Alep" le 5 octobre, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Il y a encore des gens sous les décombres", a-t-il précisé.

Les quartiers rebelles de Boustane al-Qasr et de Ferdous ont été particulièrement visés, selon lui.

Depuis le début le 22 septembre de l'offensive d'envergure de l'armée à Alep, les forces prorégime progressent rue après rue pour tenter de reprendre les quartiers est d'Alep, contrôlés par les rebelles depuis 2012 et assiégés depuis plus des mois.

- Enfants tués -

Le correspondant de l'AFP dans la partie rebelle a vu de nombreux corps déchiquetés et d'autres corps sans vie à la suite de l'effondrement d'un immeuble frappé à Boustane al-Qasr.

Des Casques blancs --les secouristes volontaires de la défense civile locale en zone rebelle-- sont intervenus rapidement pour tenter de dégager, avec les mains, des rescapés dans les décombres. D'autres transportaient les corps sans vie de deux enfants, enveloppés d'un linceul blanc.

Quatre personnes ont en outre été tuées du côté gouvernemental de la ville, à la suite de tirs de roquettes des rebelles sur le quartier de Hamdaniyé.

Dans le sud du pays, la guerre a fauché aussi des enfants avec au moins cinq écoliers tué dans un tir de roquette des rebelles sur une école primaire de la ville méridionale de Deraa, selon les médias officiels et l'OSDH qui rapporte également 25 blessés.

D'après l'OSDH, le bilan pourrait s'alourdir car certains des blessés sont dans un état critique.

Des groupes rebelles contrôlent la majeure partie de la province méridionale de Deraa mais son chef-lieu éponyme, considéré comme le berceau de la révolution syrienne de 2011, est principalement tenu par des forces progouvernementales.

Au départ des manifestations pacifiques réclamant une réforme du régime de Bachar al-Assad, la révolte en Syrie a basculé dans une guerre civile destructrice devenue de plus en plus complexe avec la montée de groupes jhadistes et l'implication de nombreux acteurs régionaux et internationaux.

Il y a un an, la Russie a lancé une campagne militaire d'envergure pour voler au secours du régime de Damas, alors en difficulté face aux rebelles et aux jihadistes. Depuis, l'armée a reconquis de nombreux territoires perdus.

Mais pour Damas, la reconquête d'Alep reste le principal objectif car elle lui permettrait de remporter une victoire aussi bien symbolique que stratégique face à la rébellion.

Après avoir assiégé les quartiers rebelles depuis près de trois mois, rendant la vie des 250.000 civils presque insupportable, le régime a lancé son offensive il y a deux semaines mais ce sont surtout les puissantes bombes russes qui font le plus de ravages.

Alors que la France a fustigé des "crimes de guerre" commis à Alep, M. Poutine a décidé mardi d'annuler sa visite prévue le 19 octobre dans la capitale française, en restant "disposé à visiter Paris lorsque le président Hollande se sentira à l'aise" pour le voir.

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