Al-Qaïda: ce qu'il faut savoir des menaces d'attentats

04/08/13 à 08:53 - Mise à jour à 08:53

Source: Le Vif

Les États-Unis, la France, l'Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni ont fermé certaines de leurs représentations diplomatiques à l'étranger, du fait de menaces terroristes d'Al-Qaïda. Ce qu'il faut savoir.

Al-Qaïda: ce qu'il faut savoir des menaces d'attentats

© Reuters

Alerte d'Interpol, fermeture des ambassades américaines dans les pays musulmans, Paris, Berlin et Londres qui en font de même au Yémen: les pays occidentaux redoutaient samedi des attentats d'Al-Qaïda, redoublant de prudence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Canada a décidé de son côté de fermer préventivement dimanche sa représentation diplomatique à Dacca, au Bangladesh. Quelles sont les menaces évoquées par les autorités américaines ? Quelles mesures ont été prises ? Ce qu'il faut savoir.

Quelles menaces ?

Vendredi, le département d'état américain diffusait un avis de prudence à l'attention de tous ses ressortissants dans le monde. En cause, un risque d'attentat jugé sensible à l'encontre des intérêts occidentaux par la mouvance Al-Qaïda. Il n'est aucunement fait mention à ce jour d'une cible précise, même si les officiels américains disent se baser sur des enregistrements. La menace est jugée particulièrement vive au Yémen, du fait de craintes de représailles suite aux attaques de drones qui ont tué plusieurs membres d'Al-Qaïda la semaine dernière.

Samedi, le chef d'état-major américain, Martin Dempsey, parlait d'une intention " claire " de la part des terroristes. " L'idée est d'attaquer les intérêts occidentaux, pas seulement américains", a-t-il déclaré dans cette interview à l'émission "This Week".

Une menace est au moins concrète: dans un enregistrement audio posté sur des forums jihadistes, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, accuse les Etats-Unis d'avoir "comploté" avec l'armée égyptienne et la minorité chrétienne copte pour faire destituer le président islamiste égyptien Mohamed Morsi il y a un mois.

"Les informations actuelles suggèrent qu'Al-Qaïda et ses organisations affiliées continuent à préparer des attentats terroristes dans cette région et au-delà. Ils pourraient concentrer leurs efforts pour perpétrer des attaques d'ici à la fin août", expliquait le département d'Etat. Son avis de prudence évoque "des attentats terroristes potentiels dans les transports et d'autres infrastructures touristiques". Cette mise en garde a été lancée sur la base d'informations "spécifiques et crédibles", a précisé un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Quelles mesures ?

Plusieurs pays ont préféré prendre leurs précautions en fermant leurs représentations diplomatiques dans certaines zones sensibles. Les États-Unis ont ainsi annoncé la fermeture dès dimanche de ses ambassades dans 22 pays. Sont notamment concernés Israël, plusieurs pays du monde arabe ainsi que l'Afghanistan et le Bangladesh. La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont également pris leurs précautions, en fermant tour à tour leurs représentations diplomatiques au Yémen.

Le Canada a décidé de son côté de fermer préventivement dimanche sa représentation diplomatique à Dacca, au Bangladesh. Le Président de la République indique que sa décision de fermer l'ambassade de France au Yémen résulte de la possession d'éléments laissant craindre une menace terroriste.

De leur côté, les autorités américaines devraient étudier la possibilité d'ouvrir à nouveau leurs ambassades après la fin du ramadan, mercredi prochain. Sans toutefois se montrer catégorique. " Il est possible qu'il y ait plusieurs jours de fermeture ", indiquait la porte-paroles du département d'État.

Réunion au sommet à la Maison blanche

Une réunion au sommet consacrée aux menaces terroristes d'Al-Qaïda s'est tenue samedi à la Maison Blanche. Présidée par la conseillère pour la Sécurité nationale Susan Rice, celle-ci s'est déroulée en présence du secrétaire d'Etat John Kerry, du secrétaire à la Défense Chuck Hagel et de la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano. Y assistaient également les chefs de la CIA, du FBI et de l'Agence de sécurité nationale (NSA), ainsi que l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies.

Le président Barack Obama n'assistait pas à cette réunion destinée à "étudier plus profondément la situation et des mesures complémentaires" mais a été informé de ce qui s'y est dit par la suite. Vendredi, "le président a ordonné à son équipe chargée de la sécurité nationale de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les Américains à la lumière d'une menace potentielle pouvant exister ou émaner de la Péninsule arabique", rappelle le communiqué.

Interpol publie à son tour une alerte

Peu après les Etats-Unis, Interpol a lancé samedi une alerte globale de sécurité invitant à la plus grande vigilance tous les pays membres de l'organisation de coopération policière face à la menace d'Al-Qaïda. Interpol a décidé de lancer son alerte "après une série d'évasions de prison dans neuf pays membres, parmi lesquels l'Irak, la Libye et le Pakistan", a annoncé dans un communiqué l'organisation internationale basée à Lyon (centre-est de la France).

Et de rappeler que le mois d'août est une date anniversaire liée à plusieurs "violentes attaques terroristes" en Inde, Russie et Indonésie. "Cette semaine marque aussi le 15e anniversaire des attentats contre l'ambassade des Etats-Unis à Naïrobi au Kenya et Dar es Salam en Tanzanie lors desquels 200 personnes, majoritairement africaines, avaient été tuées, et 4.000 blessées", a notamment souligné Interpol. Le 7 août 1998, à Nairobi et à Dar es Salam, deux attentats à 10 minutes d'intervalle avaient frappé les intérêts américains. Samedi, un attentat suicide à la voiture piégée visant un consulat indien dans l'est de l'Afghanistan, près de la frontière pakistanaise, a fait au moins neuf morts et une vingtaine de blessés.

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