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Afrique du Sud: un millier de mineurs secourus après 30 heures sous terre

Le Vif

Un millier de mineurs piégés sous terre pendant une trentaine d’heures dans une mine d’or d’Afrique du Sud à la suite d’une coupure de courant sont remontés à la surface sains et sauf vendredi, accueillis par leurs familles soulagées.

« C’était stressant. Il n’y avait pas beaucoup de ventilation », a témoigné à l’AFP un mineur, Mike Khonto, sorti indemne à l’aube. « Heureusement, nos chefs nous ont fait parvenir de la nourriture et de l’eau », a-t-il raconté.

Les ouvriers de la compagnie Sibanye Gold de Beatrix, près de la ville de Welkom (centre), étaient prisonniers des galeries de la mine depuis un violent orage survenu mercredi soir, qui avait coupé l’électricité et bloqué les ascenseurs.

Les générateurs, censés prendre le relais, n’ont pas tous fonctionné, piégeant l’équipe de nuit.

Le courant a finalement été rétabli vendredi vers 02H00 du matin (00H00 GMT), permettant la remise en marche des monte-charge.

En l’espace de moins de deux heures, les 955 mineurs encore bloqués ont été ramenés à la surface, selon le porte-parole de la compagnie James Wellsted. Aucun mort ou blessé grave n’est à déplorer. Quelques employés souffrent de déshydratation et de forte pression artérielle mais « rien de grave », a-t-il assuré à l’AFP.

Au lever du soleil, les mineurs ont quitté en bus, dans leur tenue de travail et casque sur la tête, le puits numéro 3, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Vous voyez comment les patrons nous traitent », a lancé l’un d’eux depuis un autobus.

Une jeune femme, elle, retrouvait le sourire après des heures d’angoisse. « On est soulagés », a-t-elle reconnu après avoir passé la nuit dans sa voiture, devant la mine, dans l’attente de nouvelles de son oncle.

‘Expérience traumatique’

Dans la nuit, la mine avait acheminé, grâce à une capsule, des vivres aux mineurs piégés.

Ils « ont vécu une expérience traumatique », a reconnu le porte-parole de la mine.

De retour à l’air libre, ils devaient subir un examen médical et recevoir un soutien psychologique, ainsi que leurs familles.

L’incident a immédiatement relancé la controverse sur la sécurité de l’industrie minière.

« On aurait pu éviter » cet accident, a assuré un employé de la mine sous couvert d’anonymat. « Ils auraient dû avoir des générateurs qui fonctionnaient. La sécurité est le dernier de leur souci. Ce qui compte, c’est la production », a-t-il affirmé furieux.

L’Association du syndicat des mineurs (AMCU) a dénoncé « le manque de plans de secours à la mine en terme de sources alternatives d’électricité ».

La principale centrale syndicale du pays, la Cosatu, a pour sa part demandé « une enquête » et exigé que la compagnie soit « tenue responsable pour négligence ».

« Les grands groupes multinationaux comme Sibanye-Stillwater font très peu pour empêcher les accidents alors qu’ils devraient être les premiers à développer une culture de la sécurité », a regretté le Syndicat national des mineurs (NUM).

La mine s’est défendue en affirmant qu’il s’agissait d’une situation « extrêmement inhabituelle », puisque des générateurs ont, selon Sibanye Gold, été endommagés par l’orage.

Les accidents miniers sont fréquents en Afrique du Sud, qui possède les mines les plus profondes au monde. En 2015, 77 personnes y sont mortes, selon la Chambre sud-africaine des mines.

En août dernier, 5 mineurs sont morts dans une mine d’or proche de Johannesburg, ensevelis par l’effondrement d’une galerie.

Pendant des décennies, l’extraction minière, particulièrement de l’or, a porté à bout de bras la croissance de l’économie sud-africaine. Sa production a toutefois récemment chuté à cause de l’épuisement de ses réserves.

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