Affrontements sur l'esplanade des Mosquées

27/07/17 à 16:58 - Mise à jour à 19:22

Source: Afp

Des heurts ont éclaté jeudi après-midi entre des Palestiniens et la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem alors que des milliers de musulmans pénétraient sur ce lieu saint après deux semaines de boycott.

Affrontements sur l'esplanade des Mosquées

© Belga

Les Palestiniens avaient cessé de se rendre sur l'esplanade pour protester contre la mise en place aux entrées de ce site ultra-sensible de mesures de sécurité controversées, dont les dernières ont été levées jeudi matin.

Un correspondant de l'AFP a fait état des affrontements peu après l'entrée sur l'esplanade de milliers de fidèles musulmans, certains pleurant de joie, pour la prière de l'après-midi.

Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué que 56 personnes avaient été blessées sur l'esplanade et aux alentours du ce site religieux ultra-sensible appelé Noble sanctuaire par les musulmans et Mont du Temple par les juifs.

Des affrontements ont éclaté à l'extérieur de l'esplanade avec l'arrivée d'un groupe de policiers israéliens qui se sont introduits dans la foule. Des Palestiniens ont réagi en jetant des bouteilles en plastique et les forces israéliennes ont lancé des grenades assourdissantes.

La police israélienne a indiqué de son côté que des pierres avaient été jetées sur des officiers sur l'esplanade même.

"A l'entrée des fidèles sur le Mont du Temple, certains ont commencé à jeter des pierres sur des officiers, certaines tombant sur la place du mur Occidental", a indiqué la police israélienne dans un communiqué, en référence au mur des Lamentations, lieu saint juif situé en contrebas de l'esplanade.

Volte-face

"Une force de police sur le site a repoussé les perturbateurs avec des moyens de dispersion anti-émeutes. Un officier a été blessé à la tête par une pierre", a-t-on ajouté.

Des violences avaient éclaté la semaine dernière après l'installation le 16 juillet de détecteurs de métaux aux entrées du site, deux jours après une attaque qui avait coûté la vie à deux policiers israéliens près de l'esplanade des Mosquées.

Des affrontements avaient eu lieu entre manifestants palestiniens et forces de l'ordre israéliennes à Jérusalem-Est, partie palestinienne --occupée et annexée par Israël-- de la ville et en Cisjordanie occupée.

Trois Palestiniens avaient notamment été tués le 21 juillet ainsi que trois colons israéliens. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réclamé jeudi la condamnation à mort d'un Palestinien qui avait tué ces derniers à coups de couteau.

Après d'intenses pressions de la communauté internationale qui craignait une escalade, Israël avait retiré mardi les détecteurs de métaux puis jeudi aux premières heures les derniers éléments du nouveau dispositif de sécurité.

"La police est revenue aux mesures de sécurité en vigueur avant l'attaque terroriste (...) du 14 juillet", a déclaré une porte-parole de la police, en référence à l'attaque meurtrière contre deux policiers israéliens par trois Arabes israéliens.

Un responsable du Waqf, l'organisme chargé des biens musulmans à Jérusalem, a alors appelé le même jour les Palestiniens à mettre fin à leur boycott et à aller à Al-Aqsa, une des deux mosquées qu'abrite l'esplanade, avec le Dôme du Rocher.

'Jouer avec le feu'

Et le président palestinien Mahmoud Abbas a apporté son soutien aux autorités religieuses.

Il a toutefois précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise sur la reprise de la coordination sécuritaire entre l'Autorité palestinienne et Israël, dont il avait annoncé le gel la semaine dernière.

M. Abbas avait fait du retrait des nouvelles mesures de sécurité un préalable à la reprise de la coordination sécuritaire.

Israël avait justifié la mise en place de nouvelles mesures sur le site par le fait que les assaillants des deux policiers israéliens y avaient dissimulé des armes et en étaient sortis pour mener leur attentat.

Mais les Palestiniens y avaient vu une tentative d'Israël d'affermir son contrôle sur ce site que les juifs considèrent comme leur lieu le plus sacré et les musulmans leur troisième lieu le plus saint.

L'Etat hébreu contrôle les entrées du site mais celui-ci est géré par la Jordanie. Les musulmans peuvent y aller à toute heure. Les juifs ne peuvent y pénétrer qu'à certaines heures et n'ont pas le droit d'y prier.

Les autorités israéliennes ont assuré qu'elles n'avaient pas l'intention de modifier ces règles tacites.

Mais la Ligue arabe a mis en garde jeudi Israël sur sa "tentative" d'imposer sa souveraineté "par la force" sur l'esplanade. "C'est jouer avec le feu, et cela ne ferait que déclencher une guerre religieuse", a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit.

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