Affaire DSK: une majorité de Français croient dans un complot

18/05/11 à 07:53 - Mise à jour à 07:53

Source: Le Vif

57% des Français croient que Dominique Strauss-Kahn a été victime d'un complot. Evidemment, ils sont plus nombreux à le penser du côté socialiste. En attendant, l'homme, qui n'a eu aucun contact depuis son arrestation avec le FMI qu'il préside, a été placé sous surveillance anti-suicide.

Affaire DSK: une majorité de Français croient dans un complot

© Reuters

Une grande majorité de Français (57%) considère que Dominique Strauss-Kahn, accusé de tentative de viol et d'agression sexuelle par une employée d'hôtel à New York, est "victime d'un complot", selon un sondage de l'institut CSA publié mercredi. En revanche 32% d'entre eux estiment que le socialiste français, jusque-là favori de la présidentielle de 2012, n'est pas "victime d'un complot" et 11% ne se prononcent pas, selon cette enquête pour les médias BFM-TV, RMC et 20 Minutes.

Parmi les sympathisants socialistes, 70% croient en un complot contre le patron du Fonds monétaire international (FMI), 23% n'y croient pas et 7% ne se prononcent pas. Par ailleurs, 52% des personnes interrogées considèrent que les politiques ont eu en général un comportement responsable dans cette affaire, 38% pensant le contraire. Les dirigeants du PS ont été "plutôt responsables" pour 57% des personnes interrogées, contre 31% qui pensent l'inverse.

Le sondage a été réalisé par téléphone lundi 16 mai auprès d'un échantillon national représentatif de 1.007 personnes âgées de 18 ans et plus.

Arrêté samedi à New York, le directeur général du FMI a été inculpé d'agression sexuelle, séquestration et tentative de viol. Il nie ces accusations, mais a été incarcéré lundi dans une prison de New York.

La police craint que DSK se suicide

Il a même été placé par l'administration de la prison de Rikers Island (New York) sous surveillance anti-suicide, rapportait mardi la chaîne américaine NBC, citant une source non identifiée. Sur son site internet, la chaîne assure que cette surveillance, ordonnée par précaution par une équipe médicale de la prison, implique que le détenu soit contrôlé toutes les 15 à 30 minutes, qu'il soit vêtu d'une combinaison carcérale et qu'il porte des chaussures sans lacets.

Interrogé par l'AFP à ce sujet, un porte-parole de l'administration pénitentiaire de New York a répondu dans un communiqué que "l'état de santé d'un détenu est confidentiel". Le "règlement exige que chaque détenu soit évalué en fonction du risque qu'il puisse se faire du mal ou en faire aux autres", a-t-il ajouté. "L'administration pénitentiaire de la ville de New York observe les mêmes règles de sécurité et de santé pour tous les détenus", précise le document.

Pas de contact avec le FMI

Le Fonds monétaire international a indiqué mardi en fin d'après-midi n'avoir eu "aucun contact" avec son directeur général Dominique Strauss-Kahn depuis son arrestation samedi. "Nous n'avons eu aucun contact avec le directeur général depuis son arrestation à New York. Evidemment, il sera important de le joindre en temps et en heure", a écrit un porte-parole du FMI, William Murray, dans un communiqué.

M. Murray n'a pas précisé si le Fonds avait cherché à parler à son dirigeant ou à ses avocats. Mais lundi, l'institution avait indiqué qu'elle avait le numéro de téléphone portable de l'avocat de M. Strauss-Kahn à Washington, William Taylor. Interrogé par l'AFP pour savoir s'il avait parlé aux gens du FMI, M. Taylor n'avait pas répondu mardi en fin d'après-midi. "Nous sommes conscients du fait qu'il y a beaucoup de spéculations autour du statut du directeur général. Nous n'avons pas de commentaires sur ces spéculations", a poursuivi le porte-parole du FMI.

Le Fonds se retrouve dans une situation inédite et complètement imprévue avec son numéro un sous les verrous, qui clame son innocence, et qui n'a donné aucune indication sur ses intentions quant à son poste. L'institution de Washington peut fonctionner sans M. Strauss-Kahn, son premier adjoint John Lipsky assurant l'intérim comme le prévoient les statuts. "Le Fonds continue normalement son travail", a rappelé son porte-parole.

Avec Belga

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