A Nice, le chaos et la panique après l'attaque sur la Promenade des Anglais

15/07/16 à 07:02 - Mise à jour à 07:10

Source: Afp

Le feu d'artifice du 14 juillet vient à peine de s'achever à Nice quand un mouvement de panique se déclenche. Un camion a foncé dans la foule et tué au moins 80 personnes dans cette ville du sud-est de la France.

A Nice, le chaos et la panique après l'attaque sur la Promenade des Anglais

© Belga

Devant le Palais de la Méditerranée, un luxueux complexe hôtelier, le camion blanc, dont le conducteur a été abattu, était immobilisé, quelques heures après l'attaque, les pneus crevés, la porte passager criblée d'impacts de balles, a constaté un correspondant de l'AFP.

Sur la Promenade des Anglais, qui longe la Méditerranée et attire les touristes du monde entier, des dizaines de corps sont alignés, recouverts d'un drap blanc, autant de victimes du poids lourd.

Quelques minutes après la fin du feu d'artifice tiré à l'occasion de la Fête nationale, aux alentours de 23H00 (21H00 GMT), le véhicule a foncé dans la foule, au milieu des touristes et des Niçois qui s'apprêtaient à rentrer chez eux, a constaté un autre journaliste de l'AFP présent au moment de l'attaque, qui n'avait pas été revendiquée vendredi matin.

"J'ai dû me protéger le visage pour éviter d'être touché par des débris", a décrit Robert Holloway, soulignant avoir vu plusieurs personnes fauchées par le camion dans une ambiance de "chaos". "Il était à une centaine de mètres de moi, j'ai eu à peine quelques secondes pour me dégager", a-t-il encore ajouté.

Plusieurs témoins décrivent des personnes se jetant en contrebas de la Promenade des Anglais sur la plage pour échapper au camion.

Marie, 37 ans, est agent de sécurité à la Villa Masséna, qui accueillait à deux pas des lieux de l'attaque une soirée festive en ce 14 juillet: "On a vu des centaines de personnes se précipiter pour rentrer se mettre à l'abri".

"Il y avait des enfants, ça se piétinait...", raconte-t-elle à l'AFP, encore très impressionnée alors qu'elle rentre à son domicile au milieu de la nuit dans les rues désormais vides, où patrouillent encore de nombreux militaires et membres de forces de l'ordre lourdement armés.

Un témoin nommé Nader a raconté dans un anglais approximatif à la chaîne BFMTV comment il a observé toute la scène du début à la fin. Il a d'abord pensé que le chauffeur "avait perdu le contrôle" du camion.

"J'étais dans la rue. Il s'est arrêté devant moi après (avoir fauché) beaucoup de gens", a-t-il dit.

Selon Nader, le chauffeur a sorti une arme et a commencé à tirer en direction de la police. "Ils (les policiers, ndlr) l'ont abattu et sa tête dépassait de la fenêtre" du véhicule, a-t-il expliqué.

'Grande confusion'

Au détour d'une rue, une chaussure à talon, abandonnée au milieu de la chaussée, témoigne de la panique qui a saisi la foule.

"Il régnait une grande confusion. Je ne me souviens pas d'avoir vu le camion avancer", a témoigné sur l'Australian Broadcasting Corporation Emily Watkins, une Australienne présente à quelques dizaines de mètres du camion au moment de l'attaque.

"On entendait beaucoup de cris venant de l'endroit où était le camion, les gens couraient vers nous et sans vraiment savoir ce qu'il se passait, on s'est retournés et on s'est mis à courir aussi", a-t-elle poursuivi.

"En courant, on a entendu ce que j'ai pris à ce moment-là pour des feux d'artifice ou des pétards", a-t-elle aussi ajouté: "Les gens trébuchaient, essayaient de rentrer dans les hôtels, les restaurants, les parkings, partout où ils pouvaient éviter d'être dans la rue".

Très vite après l'attaque, de multiples rumeurs courent les rues de la ville. Une prise d'otages est évoquée, dans tel ou tel restaurant, des mouvements de panique se répètent. La place Masséna, en plein centre de Nice, est bouclée, la Promenade des Anglais également. Finalement, le ministère de l'Intérieur assure qu'aucune prise d'otages n'a eu lieu.

Dans un immeuble à proximité de la Promenade des Anglais, des dizaines de personnes sont recueillies par une gardienne. Un restaurateur dont l'établissement est pourtant situé à une certaine distance des lieux de l'attaque s'étonne auprès de l'AFP d'avoir vu débarquer des personnes "traumatisées" chez lui. "Tout le monde a eu très peur", confie-t-il à l'AFP par téléphone.

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