A l'école, les garçons moins bons que les filles

05/03/15 à 11:47 - Mise à jour à 11:47

Source: Belga

Des écarts de performance scolaire entre les sexes persistent dans les pays membres de l'OCDE, pointe l'organisation jeudi dans un nouveau rapport rédigé sur base d'une analyse des résultats de l'enquête Pisa de 2012 sous l'angle des différences filles/garçons.

A l'école, les garçons moins bons que les filles

© Belga

Il ressort entre autres que les garçons sont majoritaires parmi les élèves en deçà du niveau seuil de compétence Pisa dans les trois matières évaluées (mathématiques, sciences et compréhension de l'écrit).

Sur les élèves n'ayant pas atteint le seuil de compétence dans les trois matières lors de l'étude Pisa de 2012, six sur 10 en moyenne sont des garçons. Une donnée pour laquelle la Belgique se situe légèrement en-dessous de la moyenne, avec une part de garçons parmi les élèves les moins performants se situant autour de 55%. Notre pays se place un peu avant la France et l'Allemagne, mais reste derrière le Royaume-Uni, où les résultats ne montrent aucune différence entre les sexes.

Les garçons des pays de l'OCDE sont aussi deux fois plus susceptibles que les filles de déclarer que l'école est un perte de temps. Les différences marquées entre les filles et les garçons de 15 ans peuvent être liées à plusieurs facteurs, souligne le rapport.

Ainsi, la faiblesse des résultats des garçons pourrait s'expliquer entre autres par les différences de comportement entre ces derniers et les filles, comme l'utilisation des jeux vidéo. En effet, 71% des filles déclarent par exemple n'avoir jamais joué à des jeux à plusieurs en réseau, contre 29% des garçons.

A côté de cela, ces derniers se consacrent moins à la lecture par plaisir. De plus, les garçons dédient une heure de moins par semaine (4,5 h en moyenne et en Belgique) que les filles (5,5 h en moyenne et 6 h en Belgique) à leurs devoirs.

Or, chaque heure consacrée aux devoirs par semaine entraîne un gain de score de 4 points aux épreuves Pisa de compréhension de l'écrit, de mathématiques et de sciences. Dans notre pays, tout comme en France, en Italie et aux Pays-Bas, "les différences de temps consacré aux devoirs entre les sexes ont une forte incidence sur les différences de performance entre filles et garçons" de 15 ans, pointe le rapport.

Par contre, dans la majorité des pays, ainsi qu'en Belgique, parmi les élèves très performants, les filles ont de moins bons résultats que les garçons en mathématiques. Un facteur attribué au manque de confiance des filles en leurs capacités à résoudre des problèmes mathématiques et scientifiques. Une autre raison pourrait être que garçons et filles "se voient proposer des possibilités différentes d'apprentissage dans le cadre scolaire et en dehors, ou qu'ils en font un usage différent".

Autre constat: les filles sont susceptibles d'obtenir de meilleures notes que les garçons dans toutes les matières, de par leur niveau supérieur de discipline en classe et d'autorégulation. Les garçons sont aussi plus susceptibles que les filles d'avoir déjà redoublé au moins une fois avant l'âge de 15 ans.

Enfin, l'enquête Pisa a démontré que les filles ont en général des aspirations plus élevées que les garçons concernant leur future carrière, même si moins de 5% d'entre elles envisagent de travailler dans les domaines de l'ingénierie et de l'informatique.

Les différences entre sexes et la faiblesse des performances ne sont pas sans incidence, puisqu'elles influent notamment sur l'orientation professionnelle et les perspectives d'emploi et, à terme, sur la croissance économique.

C'est pourquoi les auteurs envisagent une série de pistes permettant d'atténuer, voire de combler les écarts. Les parents peuvent par exemple apporter à leurs enfants, quel que soit leur sexe, le même "niveau de soutien et d'encouragement" pour toutes les matières et indépendamment de leurs aspirations futures. Car "dans l'ensemble des pays et économies où les parents des élèves qui ont passé les épreuves Pisa ont eux aussi été interrogés", il apparait qu'ils sont plus susceptibles d'attendre de leurs fils plutôt que de leurs filles qu'ils exercent une profession dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques.

Les enseignants ont également un rôle à jouer, en étant davantage conscients des préjugés qu'ils ont eux-mêmes à l'égard des filles et des garçons. En outre, ils peuvent favoriser une participation plus active des élèves, "puisque ces derniers, et notamment les filles, tendent à obtenir de meilleurs résultats en mathématiques lorsque leurs enseignants les invitent à résoudre des problèmes de mathématiques en autonomie".

Les écarts de performances scolaires n'étant pas déterminés par des différences d'aptitudes innées, une combinaison d'efforts de la part des enseignants, des familles mais aussi des décideurs pourra aider garçons et filles à "réaliser pleinement leur potentiel et à contribuer à la croissance économique et au bien-être de leur société", conclut le rapport.

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