50,3% des Suisses votent "contre l'immigration de masse"

09/02/14 à 18:50 - Mise à jour à 18:50

Source: Le Vif

Les Suisses ne veulent plus de la libre circulation des personnes avec l'Union européenne (UE). Par 50,3% des voix, ils ont accepté dimanche l'initiative de l'UDC "contre l'immigration de masse", désavouant les milieux économiques et les autorités. L'opposition unanime de la Suisse romande, de Bâle-Ville, de Zurich et de Zoug a été vaine.

50,3% des Suisses votent "contre l'immigration de masse"

© AFP

L'initiative réclamant la réintroduction de contingents d'étrangers, demandeurs d'asile y compris, a été soutenue par 1,46 million de personnes. Plus de 1,44 millions d'autres ont dit "non". Le camp du "oui" a réuni 19.516 voix de plus que celui des opposants.

Quasiment identique au vote sur l'Espace économique européen en 1992 (50,3% de refus), ce score constitue une gifle pour le Conseil fédéral, les autres partis et les grandes fédérations économiques qui s'étaient mobilisés en force contre le texte.

Face aux effets négatifs de la pression migratoire, le corps électoral a voulu donner un signal fort. Le risque d'une résiliation des accords bilatéraux, brandi par les autorités, n'a pas ébranlé la majorité.

Comme prévu, le soutien le plus fort est venu du Tessin, où la population se plaint depuis des années de subir les conséquences négatives de la libre circulation des personnes.

A l'inverse, la Suisse romande a voté en bloc contre l'initiative de l'UDC. Avec 61,1%, les Vaudois ont été les champions du "non". Ils sont suivis des Bâlois, qui ont refusé le texte par 61%.

Les conséquences pratiques de ce résultat demeurent encore floues. Seule certitude, le Conseil fédéral est appelé à présenter un projet de loi pour concrétiser les exigences de l'initiative, qui demande de la Suisse qu'elle gère de manière autonome l'immigration des étrangers.

L'UE examinera les implications sur "l'ensemble des relations" avec Berne

La Commission européenne a "regretté" dimanche le vote des Suisses pour introduire des quotas d'immigration, dans un communiqué, et averti qu'elle "examinerait les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse".

"La Commission européenne regrette que l'initiative pour l'introduction de quotas sur l'immigration soit passée via cette votation. Cela va à l'encontre du principe de libre-circulation des personnes entre l'Union européenne et la Suisse", écrit la Commission.

"L'Union examinera les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse. Dans ce contexte, la position du Conseil fédéral sur le résultat sera aussi prise en compte", conclut le communiqué.

Le gouvernement suisse a aussitôt annoncé qu'il allait mettre en oeuvre "rapidement et de manière conséquente" le texte, qui prévoit de limiter l'immigration par des plafonds et des contingents.

"L'accord sur la libre-circulation des personnes avec l'UE est remis en cause", a indiqué pour sa part Didier Burkhalter, ministre suisse des affaires étrangères, et président actuel de la Confédération helvétique.

Cet accord, signé en 1999 et mis en oeuvre en 2002, s'est traduit par une immigration massive d'Européens en Suisse.

Mais la remise en cause pourrait s'étendre à de nombreux autres accords signés entre la Suisse et l'UE, concernant aussi bien l'agriculture que les transports ou la recherche.

La population suisse rejette l'initiative "l'avortement est une affaire privée"

Avec 70% de "Non", la population suisse a clairement rejeté l'initiative "Financer l'avortement est une affaire privée". Ce résultat très net confirme le régime du délai, accepté lui aussi à une nette majorité il y a 12 ans. Le régime du délai et le remboursement des frais de l'interruption de grossesse par l'assurance maladie de base est un acquis qui a fait ses preuves.

Par ce "Non" à l'initiative, les citoyens suisses défendent cet acquis et réaffirment que le droit des femmes à l'autodétermination ne doit pas être restreint pour des raisons financières. Ce vote garantit également que l'interruption de grossesse puisse être menée dans des conditions sanitaires sûres et que les femmes en difficultés financières ne soient pas contraintes d'avoir recours à des offres "sauvages".

En refusant que des prestations considérées comme inopportunes par d'aucuns, soient retirées arbitrairement du catalogue de base, les citoyens suisses réaffirment également le principe de solidarité. De plus, avec la réglementation qui prévaut, les hommes assument également une responsabilité financière.

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