Shakespeare aurait moins de vocabulaire que les rappeurs

05/05/14 à 15:42 - Mise à jour à 15:42

Source: Le Vif

Les rappeurs véhiculent une image de grosse brute sans finesse avec un vocabulaire des plus restreints. Mais une infographie vient nous prouver le contraire. Des rappeurs du Wu-Tang Clan auraient même plus de vocabulaire que Shakespeare en personne.

Shakespeare aurait moins de vocabulaire que les rappeurs

© Capture d'écran

Matt Daniels aime le hip-hop et l'analyse de données. Deux passions qu'il a synthétisées dans une infographie. Celle-ci montre que certains des 85 rappeurs analysés utilisent plus de mots différents que les icônes de la langue anglaise que sont Shakespeare et Melville l'auteur de Moby Dick. A titre d'exemple Shakespeare a employé près de 28. 829 mots différents dans son oeuvre. Ce qui ne représenterait en soi qu'un petit tiers des 100.000 mots qu'il connaissait.

Pour arriver à ce constat quelque peu surprenant, Matt Daniels a comparé les 35.000 premiers mots utilisés par chaque artiste, ce qui représente l'équivalent de 3 à 5 albums. Le groupe Wu-Tang Clan distance même allègrement les deux auteurs mythiques de langue anglaise puisqu'il utilise 5900 mots alors que Shakespeare n'en utilise que 5170.

La plupart des rappeurs comme Eminem, The Game, XZibit, LL Cool J et Ice, se trouvent juste en dessous du maître de la langue anglaise avec une moyenne qui se situe entre 4300 et 5000 mots uniques. Mais ce n'est pas le cas de tous les rappeurs puisque les plus connus d'entre eux- Snoop Dogg, 2pac, Kanye West (3.982) et 50 Cent (3.591)-, se tassent dans le bas du classement. L'auteur de l'infographie avoue qu'il y a tout de même une faiblesse à son analyse puisque des mots dérivés ou aux pluriels sont considérés comme des mots distincts.

Cette infographie particulièrement ludique ne met pas seulement à mal une idée reçue, elle met aussi en lumière le fait qu'un texte élaboré n'est pas forcément gage de succès pour un rappeur. Par ailleurs, la plupart des spécialistes s'accordent pour dire que la puissance et la pérennité d'une oeuvre ne se mesurent pas à son vocabulaire, mais plutôt à son impact.

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